Belgique

On se souvient que l'homme d'affaires bruxellois Stéphan Jourdain avait été inculpé en janvier 2001 pour des surfacturations lui ayant permis de payer des ouvriers au noir. Il avait aussitôt admis les faits. Mais en avril, la justice namuroise l'inculpait pour des infractions financières, comme de la surévaluation d'actifs au détriment d'associés et de créanciers. A la différence de janvier, il était placé en détention préventive pour trois semaines. A ce moment, le procureur de Namur de l'époque, Cédric Visart de Bocarmé, qualifiait l'affaire de "type même de la criminalité en col blanc".

Pourtant, le parquet de Namur allait, en mars dernier, requérir le non-lieu pur et simple pour l'essentiel des préventions, celles qui avaient donné lieu à la mise en détention préventive. Logiquement, il voulait par contre le renvoi au tribunal pour les factures truquées et le travail au noir.

Or la chambre du conseil de Namur a rendu mercredi son ordonnance en la calquant sur le réquisitoire de Mme Condrotte, substitute qui traite le dossier : M. Jourdain sera jugé pour ses inculpations de janvier 2001 mais sort blanchi pour celles d'avril. La prison était de trop...

Inexistence de charges

Cependant, c'est pour des raisons de procédure, soulevées par la défense (la juge d'instruction avait dépassé le cadre de sa saisine), que l'instance d'instruction innocente largement M. Jourdain, alors que ses avocats, Mes François Poncelet et Marc Preumont, avaient aussi plaidé l'inexistence des charges, l'inexactitude d'expertises fondatrices du soupçon et autres arguments de fond. Cette défense a d'ailleurs indiqué mercredi que si un montage frauduleux de 12 millions d'euros était reproché à M. Jourdain en avril 2001, il "n'a jamais existé et le parquet l'a reconnu". Défense qui rappelle encore que, au-delà de la procédure, le parquet avait lui-même évoqué l'inexistence des charges et que M. Jourdain aurait donc pu être blanchi sur le fond aussi.