Belgique

ENTRETIEN

Elle a notamment tenté, sous la majorité sociale-chrétienne et socialiste précédente, d'instaurer une assurance autonomie fédérale. Qu'inspire à Magda De Galan le feu vert de la Cour d'arbitrage au décret flamand?

Il ne m'étonne pas. Légiférer dans un cadre d'assistance, de complément, était imparable. Sur le point de savoir si l'aide organisée par le décret flamand était un avantage de sécurité sociale ou non, on a toujours pensé que ce n'en était pas un. Pendant plusieurs gouvernements, c'est une assurance pas une assistance autonomie que l'on a cherché à fixer.

Le décret ainsi validé vous inquiète-t-il?

Ce qui m'inquiète, non pas en droit mais en effets indirects, ce sont les discriminations possibles, notamment à Bruxelles. Il y a d'autres incertitudes sur l'applicabilité du décret, fiscales entre autres, et le bouclage de l'opération paraît difficile.

Tout en étant dans son droit, la Flandre, d'une certaine manière, contourne-t-elle le monument fédéral de la sécu?

Il y a des éraflures, des petits coups. Mais je reste confiante, l'histoire a ses mouvements de balancier. Et je lance un clin d'oeil à la Flandre: il y aura plus de séniors au nord qu'au sud du pays. L'idée de garder une solidarité nationale pour les personnes dépendantes reste intéressante

Si elle a été battue en brèche, on ne le doit pas qu'à des problèmes financiers

Il ne faut pas le nier. Les difficultés ont été budgétaires, mais aussi communautaires. Alors, à un moment où il n'était pas simple de sauver l'unicité de la sécurité sociale, on a dû chercher à savoir comment on pouvait quand même rencontrer des besoins des personnes âgées dépendantes, en gardant un socle commun au travers de toute la Belgique. Ce fut une meilleure couverture de maladies chroniques; ce fut l'extension de l'Apa l'aide aux personnes âgées.

Le politique ne va pas être incité à repenser la matière au niveau fédéral

Non. On a eu un rêve: trouver un financement neutre, non coloré selon l'endroit de provenance des ressources même si les plus grands bénéficiaires demain seraient venus peut-être des plus grands «contributeurs» d'aujourd'hui. Mais je reste persuadée qu'il faudra trouver un financement pour les personnes âgées dépendantes.

© La Libre Belgique 2001