Belgique

Cette législature va être longue pour Pieter De Crem (CD&V). Très longue. Il n’est plus ministre de la Défense mais "seulement" secrétaire d’Etat en charge du Commerce extérieur au sein du gouvernement fédéral. Problème : le Commerce extérieur, c’est une compétence régionale. Alors, certains s’interrogent de plus en plus ouvertement sur son emploi du temps et sur l’intérêt réel de son ministère.

Bart en remet une couche

Depuis New York, lors d’une réunion de la Chambre de commerce belgo-américaine, le président de la N-VA, Bart De Wever, en a remis une couche : "Nous avons un secrétaire d’Etat fédéral au Commerce extérieur. Ce qu’il fait vraiment ? Je me le demande, et je ne suis pas le seul : comment remplit-il ses journées ?" Pourtant, le patron des nationalistes flamands a bel et bien négocié et validé la création du poste de De Crem lors de la mise en place du gouvernement fédéral. Reste qu’il s’agit d’un nouveau petit accrochage entre les nationalistes flamands et les démocrates-chrétiens. On a renoncé à les compter depuis que la nouvelle majorité fédérale est sur pied…

Quinze missions économiques

La question n’en mérite pas moins d’être posée : que fait vraiment Pieter De Crem de ses journées ? Au sein du gouvernement, les langues se délient. "Que fait De Crem ? Poser la question, c’est y répondre, explique un "cabinettard" très haut placé. Il fallait bien que le CD&V le recase. Passer de vice-Premier ministre à simple secrétaire d’Etat, je ne sais pas qui hormis lui pouvait accepter un tel désaveu."

Le porte-parole de Pieter De Crem a évidemment un avis tout contraire. Il affirme que le secrétaire d’Etat a toute sa place au sein de l’équipe Michel Ier et que ses journées sont bien remplies. "Il vient de partir en Bulgarie pour une mission économique , explique-t-il. Et il repart pour Budapest juste après. Mardi, il était à Paris pour une autre mission avec Agoria (la fédération belge des entreprises de l’industrie technologique). Depuis qu’il est en poste, Pieter De Crem a mené 15 missions du genre en incluant les voyages que je viens de citer. Il y a aussi une mission prévue prochainement en Chine."

Mais à quoi servent tous ces voyages alors, concrètement ? "Pieter De Crem représente l’Etat fédéral à l’étranger. La Belgique est bien connue à l’étranger et cela aide nos entreprises, complète le porte-parole. Il veille à travailler de concert avec les Régions. Difficile de dresser le bilan de ces voyages car le secrétaire d’Etat joue surtout un rôle de facilitateur. Après, ce sont les entreprises qui signent ou non des contrats."

"4 000 euros par jour"

Un indice du peu de compétences concrètes exercées par Pieter De Crem : les députés de l’opposition à la Chambre le snobent par la force des choses. "Je travaille au jour le jour sur le suivi des négociations des traités de libre-échange, explique le député Ecolo Benoit Hellings. Mais jamais je n’ai eu d’interaction avec Pieter De Crem, pourtant en charge du Commerce extérieur… C’est Didier Reynders qui est en fait responsable de ces négociations. Or, ces dossiers sont d’importance stratégique, ce qui aurait justifié de mettre un secrétaire d’Etat à temps plein dessus. Ce secrétaire d’Etat est inutile. Mais ce fantôme et son cabinet coûtent tout de même environ 4 000 euros par jour."