Belgique

Administration squelettique, mise à l’écart systématique par les officiers en charge de l’opérationnel, intimidations, menaces, burn-out, craintes des mandataires politiques d’intervenir face au risque de voir défaillir un corps indispensable à la sécurité… Tout cela au sein d’un même organisme public bruxellois : le Siamu (Service de l’Incendie et de l’Aide médicale urgente). Mardi, en effet, les auditions de trois (ex-) directeurs administratifs ont suscité un malaise perceptible parmi les membres de la commission des Affaires intérieures du parlement bruxellois. Ceux-ci procèdent depuis la semaine dernière à une série d’auditions pour tenter d’y voir clair dans la gestion du Siamu, à la suite d’un rapport accablant de la Cour des comptes, dévoilé par "La Libre". 

La plus en verve au cours d’une matinée d’auditions fut Chantal Jordan. La directrice générale du service administratif entre février 2013 et juin 2015 a notamment expliqué que les officiers de la direction opérationnelle ont systématiquement refusé toute collaboration. "L’ attribution en 2013, en ma qualité de directrice générale, des pouvoirs de gestion administrative et financière a été contestée immédiatement par la direction opérationnelle […]. J’ai été la cible de harcèlement en bande organisée, de ‘mobbing’ (harcèlement psychologique au travail) , de bashing syndical largement relayé via la presse et à certains moments par l’autorité de tutelle, la secrétaire d’Etat Cécile Jodogne." Elle a aussi dit ne pas avoir été soutenue par l’actuelle secrétaire d’Etat Cécile Jodogne (Défi) qui a mis fin à une procédure engagée pour étoffer le cadre administratif "squelettique".