Belgique

Le premier président de la cour d’appel de Bruxelles, Luc Maes, nous a confié, mercredi, qu’il gardait toute sa confiance à Karin Gérard qui doit, comme tout le monde, pouvoir bénéficier de la présomption d’innocence. “Quand j’ai lu dans la presse que le parquet général était convaincu qu’elle avait inventé son agression de janvier 2016 , mon sang n’a fait qu’un tour”.

Sauf que, ajoute M. Maes, “renseignement pris auprès du procureur général de Bruxelles, ce n’est pas ce que le parquet a avancé. Le parquet n’a confirmé qu’une chose, c’est que le dossier qu’il a constitué a été transmis au ministre de la Justice, en vue qu’il saisisse à son tour le procureur général près la Cour de cassation.”

D’après M. Maes, Johan Delmulle, procureur général, aurait, avant même qu’il l’ait eu au bout du fil, rédigé un communiqué expliquant que les médias n’avaient pas décrit sa démarche de manière idoine.

M. Maes nous a rappelé que la Cour de cassation peut décider de ne pas poursuivre Mme Gérard, si elle devait considérer que le dossier qui va lui être transmis n’est pas suffisamment étayé; qu’elle peut demander un complément d’instruction; qu’elle peut considérer le dossier comme complet et le renvoyer devant un juge.

Dans les deux dernières hypothèses, le dossier serait transmis à des magistrats d’une autre cour d’appel que celle de Bruxelles, au sein de laquelle siège Karin Gérard.

Contradictions expliquables ?

Luc Maes nous a encore déclaré que des éléments objectifs peuvent expliquer les éventuelles contradictions qui seraient apparues dans les déclarations de Mme Gérard lorsqu’elle a porté plainte avec constitution civile contre X pour vol avec violence et menaces.

Des examens pyscho-médico-légaux que la magistrate a subis, il ressort, explique M. Maes, et que Karin Gérard a pu connaître une amnésie au moins partielle qui expliquerait ces contradictions apparentes.

Le premier président de la cour d’appel de Bruxelles insiste aussi sur le fait que le contrat d’assurance conclu par Mme Gérard couvrait non seulement le vol de ses bijoux mais aussi leur perte ou leur destruction. De quoi répondre aux suspicions de fausse déclaration à sa compagnie d’assurances ?

Enfin, M. Maes rappelle qu’au moment des faits, un “contrat” courait sur la tête de Mme Gérard. L’hypothèse d’une agression ne serait donc pas du tout saugrenue.