Belgique

Le gouvernement fédéral "maintient son cap: il entend réformer pour garantir les solidarités en créant des emplois supplémentaires", a réagi mardi le Premier ministre Charles Michel à l'issue d'une nouvelle manifestation qui a rassemblé plus 60.000 personnes dans les rues de Bruxelles. "Le gouvernement fédéral souhaite poursuivre ses réformes dans un esprit de dialogue avec les partenaires sociaux", a ajouté M. Michel. Les organisations syndicales ont notamment dénoncé mardi le semblant de concertation sociale promu par le gouvernement acquis à l'agenda patronal. L'équipe Michel oppose à cela les "nombreux accords conclus" avec le groupe des Dix, notamment la négociation interprofessionnelle, l'accès au crédit-temps, aux prépensions, la marge salariale, la reconduction de conventions collectives bisannuelles, la revalorisation de l'enveloppe bien-être...

Les manifestants ont crié leur opposition aux atteintes au pouvoir d'achat, à l'allongement des carrières, à l'aggravation des inégalités de revenus et à la flexibilisation du travail en défilant calmement, une poignée d'agitateurs perturbant toutefois la fin du cortège.

"Le gouvernement fédéral prend acte de la manifestation organisée aujourd'hui à Bruxelles. Il condamne cependant les actes de violence émanant d'une minorité en fin de parcours durant lesquels plusieurs personnes dont des policiers ont été blessés", a réagi le Premier ministre.

Charles Michel a rappelé que son gouvernement menait des réformes "indispensables pour garantir le financement durable de nos solidarités", les pensions et le marché du travail. Il s'agit notamment de favoriser l'investissement pour créer de l'emploi.

Ces réformes qui entrent en vigueur depuis dix-sept mois commencent à porter leurs fruits, observe M. Michel, évoquant le tax shift en faveur du pouvoir d'achat, le recul du chômage, la création d'emplois et d'entreprises, le recul des faillites, la résorption du handicap salarial. Enfin, la lutte contre la fraude fiscale a rapporté 228 millions d'euros sur les quatre premiers mois de 2016.

Le gouvernement a "toujours privilégié la concertation sociale conformément à l'accord de gouvernement" et il reste encore "de nombreux dossiers soumis à la concertation sociale dans les prochaines semaines", a assuré le chef du gouvernement.


Deux policiers blessés en fin de cortège

Une dizaine de casseurs, dont certains masqués, ont perturbé la fin de la manifestation à la gare du Midi. Ils ont défié les policiers et leur ont lancé différents objets comme des bouteilles et des pierres. Quatre manifestants ont été blessés ainsi que le commissaire Pierre Vandersmissen, qui a reçu un projectile sur la tête. Ils ont été transportés à l'hôpital, où le commissaire devra rester une nuit.

La Croix-Rouge a également pris en charge 16 personnes et trois agents de police. Le nombre d'interpellations reste incertain. La police a tenté de repousser les émeutiers, notamment avec de l'eau. Une troisième autopompe est d'ailleurs arrivée sur place.

La police a répliqué en chargeant et a fait usage notamment de spray au poivre et d'un canon à eau pour repousser les perturbateurs. Quelques émeutiers ont été bâillonnés.


L'important dispositif déployé a été levé vers 15h20.


Une vingtaine de personnes arrêtées

La police a procédé à 21 arrestations administratives et deux arrestations judiciaires à la suite de ces heurts, indique la zone de police de Bruxelles-Capitale Ixelles.

Au total, 23 arrestations ont eu lieu, dont 21 administratives et deux judiciaires. Selon la police, il s'agit principalement de jeunes non syndicalistes.

Des dégâts ont été constatés au bâtiment du SPF Finances.


La FGTB condamne les violences

"La FGTB condamne (les) personnes qui profitent de chacune de nos manifestations pour nuire non seulement aux objectifs de nos actions mais aussi et surtout aux personnes", réagit mardi après-midi le syndicat socialiste. "Nous espérons que la justice pourra rapidement identifier la dizaine d'individus masqués qui a infiltré la manifestation et causé ces blessures", note encore la FGTB dans un communiqué.