Belgique

A l'occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, environ 150 personnes selon la police de Bruxelles-Ixelles ont manifesté jeudi en fin de journée du campus du Solbosch de l'ULB (Université libre de Bruxelles) et jusqu'au village de la Marche mondiale des Femmes installé à la Gare Centrale. Le rassemblement s'est terminé peu après 18h30. La marche a été organisée par la campagne ROSA, initiée par le Parti Socialiste de Lutte (PSL) et les Étudiants de Gauche Actifs (EGA), mais se veut ouverte à tous. Cette année, l'initiative #Metoo, qui vise à dénoncer le harcèlement et les violences, a plus particulièrement été mise en avant. La campagne ROSA estime que ces abus sont souvent commis au travail par des supérieurs et qu'il faut dénoncer ce sexisme institutionnalisé dans les relations hiérarchiques du monde professionnel, les femmes se retrouvant souvent dans des secteurs moins valorisés, avec des emplois précaires et des bas salaires. Les coupes budgétaires sur les allocations sociales et la limitation des droits sociaux renforcent encore cette tendance. "L'arrêt des violences sexistes passe par l'indépendance économique des femmes", défend Marisa Cabal de la campagne ROSA. "La lutte contre le sexisme, c'est aussi une lutte pour des emplois décents avec de bons salaires, des pensions décentes et de bonnes conditions de vie".

Quelques centaines de personnes selon l'estimation d'associations ont pris part aux activités organisées dans le village installé gare centrale. Le réseau d'associations Assez is Genoeg a notamment organisé un parcours d'obstacles qui symbolise les mesures au niveau des pensions qui vont impacter plus fortement les femmes. "Avec leurs carrières interrompues et l'écart salarial entre les femmes et les hommes, on sait que l'écart au niveau des pensions est d'environ 25%", estime Sofie De Graeve du réseau Assez is Genoeg. "Avec les mesures prises par le gouvernement, cela va s'empirer et plus de femmes seront poussées vers la pauvreté. La carrière moyenne des hommes est de 42 ans, contre 36 ans pour les femmes. Elles n'arrivent pas à des carrières complètes. C'est une question importante pour l'indépendance financière des femmes".