Belgique

Quelque 1.500 étudiants, enseignants et affiliés des syndicats, selon les chiffres de la police, 3.500, selon les étudiants, ont défilé dans les rues de Bruxelles à l'appel des syndicats, de la FEF et de l'UNECOF, mercredi, pour protester contre le projet de réforme de la ministre Marie-Dominique Simonet visant à limiter à 30 pc le nombre d'étudiants étrangers de certaines filières de l'enseignement supérieur en Communauté française.

Les manifestants sont partis de la gare du Nord peu avant 14h30 et ont rejoint la place Surlet de Chokier devant le siège du gouvernement de la Communauté française ou une délégation de représentants d'étudiants et de syndicats a été reçue par la Ministre-Présidente de la Communauté française Maria Arena et la ministre Marie-Dominique Simonet.

La dislocation s'est déroulée au Boulevard Pachéco.

«Je peux comprendre l'attitude de la ministre, mais cette réforme risque d'entraîner une limitation des filières. Les étudiants belges sont donc directement concernés aussi », a expliqué Christine Piloyan, une étudiante française de 3ème année, à la Haute Ecole Francesco Ferrer. «La sélection en France est plus stricte et le nombre d'étudiants est limité. Pour devenir accoucheuse, il faut suivre une première année en médecine avant de passer un concours. En Belgique, l'accès est libre », poursuit-elle. Sur les 43 étudiants de son année, seuls 5 sont Belges. «La plupart des Français veulent retourner chez eux.

Mais le diplôme est différent. Les études durent 4 ans et en France 5. Nous n'avons que deux ans de formation comme accoucheuse pour quatre en France ».

Les fédérations des étudiants étaient présents par solidarité avec les étudiants étrangers, mais aussi pour défendre les filières visées par la réforme de la ministre Simonet. «Il existe un vrai problème de surreprésentation de Français en médecine vétérinaire. Mais la ministre propose une mesure globale qui touche l'ensemble des filières paramédicales. La présence de Français en logopédie par exemple permet à certaines filières d'exister », a estimé Xavier Dupont, président de l'UNECOF. «Il n'est pas utile à mon sens d'attirer des étudiants belges vers les filières visées. On risquerait sinon de connaître une situation identique à celle traversée par la médecine ou il faut limiter le nombre d'étudiants par examen », a-t-il ajouté.

Les syndicats étaient là quant à eux pour défendre avant tout les emplois menacés. «Nous avons clairement établi des objectifs prioritaires, dont le maintien de l'emploi. Nous exigeons que les Hautes Ecoles touchées puissent développer de nouveaux programmes pour assurer leur survie. Nous craignons à terme une fusion ou absorption de certains Hautes Ecoles », a expliqué Christiane Cornet, secrétaire CGSP Enseignement.

A l'issue de la réunion avec la ministre Simonet et la ministre-Présidente Arena, les syndicats semblaient davantage rassurés. «Les nouvelles mesures de la ministre rencontrent nos objectifs fixés. Nous devons confronter ces mesures à la réalité du terrain et consulter la base », a commenté Christiane Cornet. Du côté des étudiants, on ne constate aucune avancée. Une prochaine manifestation est prévue mercredi 29 mars à 11H00 à Charleroi.