Belgique

Après avoir débordé le barrage policiers devant le 16 rue de la Loi à Bruxelles, vendredi, vers 11h30, les pompiers ont calmé leurs ardeurs et se sont limités à occuper la rue en attendant que leur délégation soit reçue par la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet à 13 heures. Les pompiers ont manifesté leur mécontentement devant le Conseil des ministres, réuni en matinée pour, entre autres, discuter de la réforme de la sécurité civile. Certains pompiers déplorent que les affrontements avec la police soient allés si loin. C'est le cas de Thomas Degand, pompier vétérinaire à Namur: "Nous ne sommes pas opposés à l'harmonisation du secteur. Nous regrettons que la Fédération ait mal joué son rôle de représentation. Les hauts responsables vont prendre trois grades et le pompier de base va perdre 10% de son salaire et des jours de congés".

Les manifestants regrettent qu'une situation transitoire n'ait pas été prévue pour les pompiers plus anciens, qui risquent de ne pas passer les nouveaux tests physiques.

Raphaël Panneels, pompier à Wavre, rappelle que "la réforme avait à la base pour but d'avoir plus de sapeurs pompiers et de postes avancés pour secourir plus rapidement les personnes. Maintenant, ce sont nos acquis qui sont menacés".

Mil Luytens, secrétaire fédéral CGSP, demande que ces mesures ne soient pas prises dans la précipitation. "La réforme a été entamée en 2007. Il faudrait expédier la question des statuts pour la fin de l'année. C'est inacceptable".


Sous les fenêtres du Premier ministre

Quelque 1.000 pompiers de tout le pays, selon le comptage de la police de Bruxelles-Ixelles, s'étaient rassemblés vendredi, dès 10 heures, à la colonne du Congrès, à Bruxelles. Ils se sont rendus au 16 rue de la Loi, pour manifester leur mécontentement.

Sur leur trajet, les pompiers ont bloqué la circulation dans les deux sens à la sortie du tunnel entre Arts-Loi et Madou. Ils se sont ensuite confrontés au barrage policier, rue de la Loi. L'ambiance s'est rapidement réchauffée. Les banderoles ont été abaissées et les pétards ont fusé de toutes parts. Quelques feux ont été allumés. Les casques en plastique qui devaient symboliquement être déposés devant le cabinet ministériel ont été jetés vers les policiers. Les pompiers avaient stratégiquement placé un camion d'intervention au milieu des manifestants.

Les policiers ont d'abord été aspergés d'eau, puis de mousse. Ils ont riposté en utilisant leur propre autopompe. Leurs matraques et gaz n'ont pas suffit à arrêter les pompiers, qui ont confisqué les barrières et percé le barrage vers 11h30. "On est dans la précipitation puisqu'on va modifier des éléments aujourd'hui qui vont être présentés aux syndicats la semaine prochaine", s'inquiète Olivier Nyssen, secrétaire permanent CGSP. Les statuts administratifs et pécuniaires des anciens pompiers posent particulièrement question.