Belgique La manifestation du 27 mars attirera des chauffeurs de toute l’Europe. Elle se concentrera sur le rond-point Schuman.

Prévue de longue date - et non en réaction à la réunion de concertation de mardi comme annoncée par le secteur en début de semaine -, la manifestation des taximen du 27 mars prochain à Bruxelles s’annonce particulièrement chaude. Le porte-parole de la Fédération belge des Taxis (Febet) Sam Bouchal a déjà donné l'ordre de n'intenter ni aux biens ni aux personnes. Face au discours des taximen français et de nombreux messages durs sur les réseaux sociaux, il réaffirme sa fermeté. "En tant qu'organisateur de la manifestation, la Febet ne tolerera aucune violence ni attaque envers les biens publics. Il n'y a pas de place pour la violence le 27 mars !"

Sur le site web www.infotaxis.be, on peut en effet lire que, début mars déjà, le secteur rappelait la manifestation du 27 mars : "Nous vous rappelons la manifestation qui aura lieu le 27 mars 2018 à 5 h 30 du matin à l’esplanade du Heysel (nous ne pouvons pas vous donner plus d’informations sur le déroulement du fait que la police est à l’écoute. L’itinéraire vous sera communiqué sur place). Le jour de la manifestation, il faudra annuler tous vos rendez-vous, ne pas accompagner vos enfants à l’école, apporter à boire et à manger, sac de couchage, brosse à dents et autres nécessités". Croustillant mais inquiétant, le communiqué conclut par ceci : "Nous allons reproduire et fêter les 50 ans de mai 1968 le 27 du mois de mars 2018", propos illustrés par une photo de Mai 68 (voir ci-dessus).

Le rassemblement n’aura finalement pas lieu au Heysel. D’après nos informations, c’est au cœur du quartier européen que les taximen crieront leur colère, sur le rond-point Schuman plus précisément. C’est donc Uber&Co qui sont ici visés, pas le gouvernement bruxellois. Hors de question, par contre, de déambuler en cortège en ville : cela leur a été refusé. Cela n’empêchera pas de gros embarras de circulation sur l’ensemble du territoire bruxellois, voire jusque dans plusieurs communes du Brabant flamand.

En réalité, cette manifestation vise plus l’Europe que le simple secteur bruxellois. Pour preuve ? Les appels à manifestation émanant de taximen parisiens. L’un d’eux, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux explique ainsi : "Des taximen parisiens viendront en renfort Je demande à tous les chauffeurs de taxi de venir en tant qu’indépendant, en tant que guerrier, en tant qu’homme et fiers d’être taxis. Pas de syndicat. Moi, je vais aller en mon nom, en homme libre. J’ai toujours été à Bruxelles. Ce n’est pas la première fois. Apparemment, un groupe de 300 taxis (français, NDLR) est annoncé. J’aimerais bien les voir… Si on est 300 on va tout défoncer. La place Schuman, on va la mettre à terre comme la dernière fois. On a tout brûlé là-bas la dernière fois. […] On sera présent à Bruxelles."

Dans son appel, ce chauffeur parisien donne rendez-vous à ses collègues franciliens dans la nuit du 26 au 27 sur "la base arrière de Roissy Charles de Gaulle. "On ira à la rencontre des collègues de Valenciennes, Roubaix, Lille, Douai et on ira à Bruxelles." Les Français ne seront pas seuls. Les taximen bruxellois attendent également des collègues d’Espagne, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, d’Italie, de Suisse et même de Grèce…