Belgique

Des échauffourées ont éclaté mercredi après-midi aux alentours de la gare de Bruxelles-Midi, à l'issue de la manifestation nationale qui a rassemblé 80.000 personnes selon la police et 100.000 personnes selon les syndicats. La police a dû utiliser à plusieurs reprises les auto-pompes et du gaz lacrymogène.

Selon plusieurs sources, quelque 200 manifestants anarchistes, habillés en noir et encagoulés (voire le visage caché par des masques Anonymous), sont à l'origine de ces incidents et lancent des pavés en direction des policiers à hauteur du boulevard du Midi à Bruxelles. Au moins un membre des forces de l'ordre a été blessé à la tête, a-t-on appris à bonne source. Trois personnes auraient été arrêtées.

La gare de Bruxelles-Midi n'est temporairement plus desservie par la Stib, a indiqué la société bruxelloise de transports sur son compte Twitter.

Des débordements similaires étaient survenus au même endroit lors de la précédente manifestation nationale, le 6 novembre 2014.


Le MR regrette "les caricatures" et dénonce la "guérilla permanente"

Face à la mobilisation syndicale, le président du MR a répété que "l’action du gouvernement est motivée par la défense de ceux qui travaillent et de ceux qui créent du travail. Nous ne laisserons personne au bord du chemin », déclare Olivier Chastel ». « Notre objectif, c’est la création d’emplois et l’augmentation du pouvoir d’achat ». Il regrette que les syndicats caricaturent l’action du gouvernement. « La réforme fiscale prévoit une baisse très significative des charges patronales, qui permettra de créer des emplois », dit-il. « Ces derniers jours, la FEB, Agoria, l’Union Wallonne des Entreprises, ont confirmé que ces mesures allaient dans le bon sens et créeraient de nouveaux emplois ».

Pour le MR, l’action du gouvernement est "sociale": "Elle contribuera à créer des emplois, à sauvegarder notre sécurité sociale et notre système de pensions. Le groupe des 10 a repris ses travaux voici deux semaines et fixé un calendrier. Le gouvernement a rappelé à cette occasion que le dialogue social était un enjeu clé pour lui. Mais cette indispensable concertation ne peut se dérouler dans un climat de guérilla permanente ».


Les syndicats fustigent un gouvernement "antisocial" et un patronat "arrogant"

Le front commun syndical (FGTB, CSC et CGSLB) s'est exprimé mercredi en fin de manifestation, fustigeant un gouvernement "antisocial" et un patronat "arrogant". "Certaines grandes entreprises ne paient pas d'impôts, c'est un scandale. Ce gouvernement Michel n'a pas créé d'emplois; zéro, zéro, zéro", s'est indigné Rudy De Leeuw, président de la FGTB ajoutant que les dirigeants menaient une "politique sociale indigne". "Une société solidaire, c'est le modèle de société que nous réclamons aujourd'hui et pour demain", a-t-il conclu.

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, a souligné pour sa part le côté "asocial" du gouvernement, dont l'"accord déséquilibré menace gravement la cohésion sociale". "En un an, la facture des mesures prises par le gouvernement n'a cessé de gonfler. Toutes ces mesures ont été prises en dépit des manifestations et des actions syndicales menées en octobre, novembre et décembre 2014", a-t-elle ajouté, parlant en outre d'un gouvernement "arrogant" et d'un patronat "triomphateur".

"Au sein même du gouvernement, on sait que ces 'mesurettes' ne fonctionnent pas et ne permettront pas de relancer la machine. Soyez donc honnêtes avec vous-mêmes et changez de cap. Le gouvernement doit reconnaître que ce qui est sur la table est imbuvable pour nous et que ce n'est pas, contrairement à ce que l'on nous répète, juste un mauvais moment à passer. Ce qui est en train de se passer est contraire à l'évolution et l'émancipation mais aussi contraire à l'efficacité. Il est donc inacceptable de se partager les miettes d'un menu déséquilibré qui dispose d'un bras long pour venir chercher les recettes des travailleurs et d'un bras bien plus court qui ne sert que les entrepreneurs", développe Marie-Hélène Ska. Elle a par ailleurs confirmé qu'un recours devant la Cour constitutionnelle serait déposé dans les semaines à venir pour contester la mesure actant le saut d'index.

"La presse qui disait que nous n'étions plus capables de mobiliser s'est largement trompée. L'action d'aujourd'hui n'est pas une fin mais un début", a lancé Marc Goblet à l'assemblée l'acclamant. Il a annoncé une première grève générale de 24 heures à Liège le 19 octobre, ainsi que d'autres en octobre, novembre et décembre dans l'ensemble des provinces. Il a pointé du doigt la "logique financière de certains entrepreneurs dont la seule volonté est de faire du profit" et appelé la majorité fédérale à davantage de dynamisme pour lutter contre la fraude fiscale, à l'instar de celui déployé contre la fraude sociale. Le secrétaire général de la FGTB a encore qualifié les membres du gouvernement Michel d'"illusionnistes, qui nous prennent vraiment pour des pigeons".

Marc Goblet a par ailleurs réagi à la communication faite plus tôt dans la journée par la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), déclarant que les indicateurs repassaient progressivement au vert et qu'il fallait poursuivre sur la voie des réformes: "vivent-ils dans le même pays que nous? Ce n'est que de l'esbroufe; ils nous vendent du rêve", s'est énervé l'homme fort de la FGTB, soulignant l'arrogance et l'irrespect du patronat actuel. "Nous allons ouvrir une négociation au niveau du Groupe des dix", a-t-il confirmé.

"Nous n'existons pas pour le gouvernement; nous sommes des sans-papiers. Le gouvernement n'est intéressé que par un papier: la déclaration d'impôts", a encore commenté Marc Leemans, président de la CSC, selon qui le gouvernement Michel a offert 6,5 milliards d'euros aux employeurs. "Mais ce sont les employés, les malades et les pensionnés qui payent cela", a-t-il déploré.


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