Belgique

Un métro sur trois circule lundi après-midi à Bruxelles, en raison de la manifestation organisée en front commun dans la capitale contre les mesures du gouvernement Michel. L'heure de pointe du soir devrait être impactée. A 15h00, seul un métro sur trois circulait sur toutes les lignes, selon la Stib qui a effectué à cette heure-là une mise à jour de l'état du trafic après la prise de service du personnel de soirée. C'est moins qu'en début de journée, où un métro sur deux circulait sur le réseau. 

Neuf lignes de tram sur 19 sont desservies à des fréquences oscillant entre un tram sur deux et un tram sur trois: il s'agit des lignes 3, 4, 7, 39, 44, 51, 55, 82 et 92. 

Par ailleurs, 17 lignes de bus sur 50 sont desservies cet après-midi, annonce la société bruxelloise de transports, à des fréquences de un bus sur deux à un bus sur quatre. Les voyageurs sont invités à consulter le site internet www.stib.be ou l'application mobile de la compagnie.

Du côté du Tec, le trafic est toujours perturbé à Charleroi et dans le Brabant wallon. A 14h30, le Tec Charleroi signalait des retards sur les lignes 14, 17, 21, 25, 28, 29, 41, 43-83, 51, 60, 63, 65, 67, 68, 70, 71, 85, 86, 154, 155, 156, 170, A, M1, M2, M3, M4 suite à la suppression de quelques services. Dans le Brabant wallon, une liste exhaustive des services supprimés a été publiée sur le site www.infotec.be. Les lignes Rapido 3, 4 et 6 sont notamment concernées par ces suppressions.

Aucun vol n'est impacté par le mouvement syndical à Brussels Airport. Une partie des travailleurs de Swissport était absente lundi matin. Les autorités aéroportuaires attendent la prise de service de l'équipe du soir avant de se prononcer sur les retards éventuels à attendre lundi soir.


Des milliers de militants syndicaux réunis à Bruxelles "contre la régression sociale"

Près de 3.500 militants syndicaux selon la police, au moins 7.000 d'après les organisateurs, ont marché dans les rues de Bruxelles lundi matin contre les "mesures d'austérité et de régression sociale décidées par le gouvernement Michel". Partis de la place du Luxembourg, ils se sont brièvement arrêtés vers 11h30 au carrefour Arts-Loi, à proximité du cabinet du Premier ministre, pour exprimer à voix haute leur refus "d'abandonner le combat". "Ce combat est difficile, c'est vrai. Nous sommes confrontés à un projet construit et réfléchi de diminution de toutes les protections sociales", a dénoncé Philippe Van Muylder, secrétaire général de la FGTB-Bruxelles. "Le gouvernement n'est pas seul. Le patronat est à ses côtés", a-t-il poursuivi, applaudi par une foule compacte sous les grêlons. "Et que dire des propos de Bart De Wever sur les Berbères? Il y a 50 ans, la Belgique a elle-même appelé les travailleurs migrants qui, parfois au péril de leur vie, ont rendu le pays riche. Le gouvernement actuel n'exploite pas cette richesse", a-t-il affirmé.

"L'austérité n'a jamais résolu un problème. La consommation continue de diminuer et, de plus en plus, les gens se retrouvent en situation de pauvreté", a enchainé Chris Vanmol, secrétaire fédéral de la CSC-Bruxelles-Hal-Vilvorde. "Il n'y a toujours pas de 'tax shift'(un déplacement de la charge fiscale du travail vers le capital, NDLR) alors que nous le demandons quotidiennement." Les obligations imposées aux prépensionnés sont scandaleuses, a-t-il ajouté, accusant le gouvernement de rester "sourd".

"Nous pouvons le constater à Bruxelles: aujourd'hui, les syndicats sont encore debout", a ensuite déclaré Philippe Vandenabeele, secrétaire régional bruxellois de la CGSLB. "Je rappelle à Monsieur Michel que, pendant la campagne, il a dit haut et fort qu'il n'y aurait pas de saut d'index. Il fait maintenant l'inverse de ce qu'il a promis, sans aucune certitude de résultat", a-t-il déploré. "Quelle est la vraie valeur, le capital ou le travail? Le gouvernement a choisi son camp, et ce n'est pas le nôtre. Ce qu'il fait, ce n'est pas juste, équilibré, solidaire. Nous disons stop, ça suffit", a-t-il conclu.

"Pas de solution, grève générale", ont alors scandé les manifestants avant de rejoindre la place de la Liberté, où les responsables syndicaux ont remercié les participants dans un joyeux vacarme.

Les travailleurs de la capitale, du Brabant wallon et du Brabant flamand manifestaient en front commun tous secteurs professionnels confondus. "Régression: non - neen", pouvait-on lire sur les banderoles du cortège vert, rouge et bleu, précédé des cuivres et percussions du groupe Alimentation Générale. "Austérité, pas à nous de payer", brandissaient d'autres militants entre les drapeaux d'entreprises telles que Delhaize ou Audi. La Stib était également bien représentée (seul un métro sur deux roulait lundi matin).

Auparavant, entre 7h00 et 9h00, les représentants syndicaux et leurs militants ont distribué dans les gares bruxelloises des tracts informatifs et des poires pour signifier leur "ras-le-bol d'être pris pour des poires".

Les trois syndicats du pays protestent notamment contre le saut d'index voulu par le gouvernement, qui fera subir aux travailleurs une perte de 20.000 euros sur l'ensemble de leur carrière, soit six mois prestés sans salaire, selon le front commun. Les discussions à la Chambre sur cette mesure, pour laquelle l'opposition a obtenu de demander l'avis du Conseil d'Etat, doivent reprendre mercredi.

Les syndicats refusent également le relèvement de l'âge légal de la pension à 67 ans et la disponibilité des prépensionnés sur le marché du travail jusqu'à 65 ans. Ils demandent des négociations libres dans les secteurs, des budgets décents pour les services publics et un "tax shift" susceptible d'assurer plus de justice fiscale.

Mercredi, les syndicats manifesteront à Liège, Namur et Charleroi ainsi que dans les grande villes de Flandre.