Belgique Des habitants reprochent au milliardaire flamand de venir "saccager" leur région.

Un parc "plus grand que Disneyland" à Durbuy. Le projet très ambitieux de l’homme d’affaires gantois Marc Coucke ne plaît pas à tout le monde dans la plus petite ville du monde. "M. Coucke vient saccager notre région, dénonce Chantal Dejardin, membre de l’association "SOS Durbuy". "Contrairement à ce qu’il raconte, il n’en a rien à faire de l’écologie et du social. Ce qui l’intéresse, c’est faire un maximum d’argent en amenant, par an, un million de touristes, majoritairement flamands, pour consommer dans son parc, ses hôtels et restaurants. Il agit en toute impunité : on va le laisser polluer notre forêt et faire payer les sentiers dans les bois."

Les "anti-Coucke", dont l’association "essaie de reste pacifique" (sic), l’admettent : ils sont minoritaires à Durbuy où la venue du président du KV Ostende est, dans l’ensemble, bien vue par la population locale. "Nous sommes un noyau dur d’une dizaine de personnes, soutenu par un avocat, poursuit Mme Dejardin. Les gens du cru sont bernés par les promesses d’emplois du projet. Mais on leur dit : ‘Ouvrez les yeux’. Ce sont des jobs temporaires et qui ne sont pas destinés à des francophones. Les habitants de Durbuy ou de Barvaux ne vont pas en profiter".

Si elle prêche quasiment dans le désert à Durbuy, l’association dit, par contre, avoir été "submergée" ce week-end par les messages d’inquiétudes provenant de l’extérieur de la ville. "Les gens se rendent compte de l’ampleur du désastre. Il n’y a pas besoin d’aller aux Etats-Unis pour constater les dégâts que provoque le pouvoir de l’argent. Marc Coucke se prend pour Donald Trump à Durbuy. Le logo de la ‘Petite Merveille’ est déjà présent partout ici et qui peut encore croire qu’il ne va pas continuer ses acquisitions dans la région ?"

"Des intimidations dans un camping"

"SOS Durbuy" reproche aussi à l’ancien propriétaire d’Omega Pharma de vouloir faire évacuer, "avec l’aide de la commune", les habitués ("dont beaucoup de pensionnés qui s’y sont domiciliés") du camping "Les Macralles", à côté du futur parc. "Ces personnes sont intimidées tous les jours par la police pour des broutilles. Ils vivent avec une pression permanente et commencent à avoir une santé physique et mentale qui se dégrade."

D’après Chantal Dejardin, "Les Macralles" se vident ainsi petit à petit. "Et la commune rachète les parcelles qu’elle revendra ensuite à Marc Coucke."

Selon l’association, le monde politique déroule "le tapis rouge" à l’entrepreneur flamand. "Je suis scandalisée, s’insurge Chantal Dejardin. La commune nous met des bâtons dans les roues pour obtenir la moindre information. Même Ecolo ne s’oppose pas à ce projet. Le ministre Collin (CDH) va, aux frais de la collectivité, détourner la route Durbuy-Barvaux pour contourner le parking que Marc Coucke va créer".


Réactions

Bart Maerten, l’associé de Marc Coucke à Durbuy, explique en avoir "assez" de ces "quelques personnes qui répandent de fausses rumeurs". "Sur les 35 personnes que nous avons engagées, 34 sont de la région. La connaissance du néerlandais n’est pas indispensable pour beaucoup de jobs et nous fournissons des formations en langues pour certains postes précis." Selon son associé, Marc Coucke n’a "rien à voir" avec ce qui se passe dans le camping des "Macralles". "Il a expliqué que son parc était plus grand en superficie que Disneyland. Mais notre philosophie est totalement opposée à ce que fait Disney : l’immense majorité du parc sera consacrée à la nature et aux promenades."