Belgique

En marge d’un entretien qui sera publié ce samedi 4 juin dans "La Libre", Jean-Claude Marcourt (PS), ministre wallon de l’Economie, a réagi à la situation sociale qui touche la Belgique.

Les actions syndicales touchent surtout la Wallonie et Bruxelles, la Flandre étant nettement moins affectée. Comment le ministre de l’Economie et de l’Enseignement supérieur vit-il cette "cassure" entre le Sud et le Nord du pays ?

Ces actions sont, en bonne partie, le reflet de la composition actuelle du gouvernement fédéral. Maintenant, personne n’aime faire grève, en ce compris les grévistes. Comme ministre de l’Enseignement supérieur, je suis directement concerné, car ces mouvements se produisent en période d’examens. Or, comme on le sait, ces actions touchent en premier lieu les plus fragiles, dont les étudiants qui n’ont pas leur propre moyen de transport. Il est donc temps que ça s’arrête ! Mais il est également temps que le dialogue reprenne.

Le Premier ministre a répondu par un "Au travail !"…

Le Premier ministre s’érige en maître d’école sifflant la fin de la récréation. Malheureusement pour lui, les personnes qui se trouvent dans la cour ne sont pas de simples élèves obéissant, au doigt et à l’œil, aux injonctions du maître. Ce sont des êtres adultes responsables, qui expriment une souffrance. Comme Benoît Lutgen, président du CDH, il me semble que le Premier ministre devrait se saisir du dossier et réunir tout le monde pour négocier. Là, il donne juste l’impression d’agir comme s’il avait un pistolet sur la tempe, avec la N-VA lui disant : "Toi, tu ne bouges pas !"

Le gouvernement accuse le PS d’attiser le conflit à des fins politiciennes…

Le gouvernement actuel oublie sans doute que, sous Di Rupo, on avait aussi connu des manifestations et des grèves. C’est la démonstration, par l’absurde, que ce propos est méchant et complètement déplacé. La vérité est que ce gouvernement a fait le choix d’être autoritaire. C’est son droit. Mais il ne doit pas s’étonner que cela provoque des réactions épidermiques au sein de la population.