Belgique Le nom du successeur de Marie-Dominique Simonet - qui a annoncé jeudi sa démission comme ministre de l’Enseignement obligatoire et de Promotion sociale pour des raisons de santé - aura fait l’objet de nombreuses consultations au sein du CDH. Et de supputations dans les médias. Mais samedi matin, c’est un nom nettement moins connu, voire méconnu de certains, que le président de parti Benoît Lutgen a dévoilé à la presse : celui de Marie-Martine Schyns.

A 36 ans, cette conseillère communale à la ville de Herve et députée fédérale, se voit confier la tâche délicate de faire aboutir un portefeuille électoralement très sensible pour le CDH - l’enseignement libre scolarise près de 50 % des élèves - d’ici le scrutin fédéral et régional de mai 2014. On se souvient qu’en 2009, le CDH avait fait de l’Enseignement son cheval de bataille. La campagne électorale à venir s’annonce d’ores et déjà âpre, le MR, actuellement dans l’opposition à la Communauté française, se positionnant de plus en plus en vue de mettre la main sur ce maroquin.

Discrète et sérieuse

Cette romaniste de formation, spécialisée en Administration publique, que l’on décrit comme une "femme discrète et sérieuse" devra pouvoir compter sur son expérience en tant que professeur de français pendant dix ans à l’Institut Saint-Michel de Verviers pour boucler les gros dossiers de l’Enseignement. "J’ai toujours souhaité enseigner car c’est un domaine où l’on ne cesse jamais d’apprendre. J’ai un lien viscéral avec l’enseignement , déclare-t-elle. C’est un avantage parce que je connais peut-être un peu mieux la vie des enseignants au quotidien, dans les classes. Mais en tant que parent (NdlR : elle a participé à un pouvoir organisateur et présidé une association de parents) , je connais aussi les attentes des parents. "

Et celles-ci sont immenses, surtout dans le cadre du Décret Inscriptions. Qui, depuis quatre ans, cristallise toute l’attention, plus fortement encore en période de vacances d’été. De nombreuses familles vivent en effet dans l’incertitude de la rentrée scolaire car certains enfants appelés à entrer en 1ère secondaire en septembre prochain sont toujours "sans école". Une situation qui devrait s’accentuer avec la suppression de l’adossement prévue par le décret à la rentrée 2014. Reste à présent à voir comment le CDH et sa nouvelle ministre de l’Enseignement parviendront à tirer cette épine de leur pied.

Au-delà de ce décret inscription, Marie-Martine Schyns devra s’atteler à poursuivre le travail entamé sur le tronc commun aux cours philosophiques; sur la réforme du 1er degré de l’enseignement secondaire (déjà vivement fustigée par la CSC-Enseignement…); sur la volonté de faire de l’école une "école de la réussite" (lutter contre l’échec scolaire, le décrochage scolaire, le redoublement) pour tous, c’est-à-dire une école inclusive où sont pris en compte tous les élèves dans leur diversité (troubles de l’apprentissage, élèves à besoins spécifiques, élèves à hauts potentiels, etc.); ou encore sur la revalorisation de l’enseignement qualifiant, notamment avec, au 3e degré, l’expérimentation de la Certification par unités (CPU).

Pour mener ces dossiers à bien, l’ancienne échevine du Tourisme, de la Culture et de la Jeunesse à Herve souhaite s’inscrire dans la continuité de la méthode de travail appliquée par Marie-Dominique Simonet, à savoir "travailler avec la base, faire remonter l’expérience de terrain" . Elle devra également poursuivre la réforme des titres et fonctions, un chantier colossal (NdlR : lister l’ensemble des fonctions dans l’enseignement et déterminer quel diplôme permet de dispenser quels cours) auquel s’était attaquée depuis trois ans Mme Simonet, avec son administration, les syndicats et les PO, et dont le décret est prévu pour 2014. Sans compter le volet "barémique" de la réforme, encore à négocier.

Tout cela en tenant compte des difficultés budgétaires de la Communauté française. Bien consciente des enjeux et de la complexité des dossiers relatifs à l’Enseignement, la toute fraîche ministre commente : "Si les étudiants ont fini leur blocus, moi je commence le mien. Je vais étudier. Rendez-vous à la rentrée prochaine."