Belgique

Selon l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR), on recense chaque année, sur les autoroutes belges, une quinzaine d’accidents impliquant un conducteur fantôme.

Ils représentent seulement 0,4% de la totalité des accidents corporels sur autoroute mais entraînent 3,7% des tués et sont donc 10 fois plus graves que les autres.

Alcool, erreur d’attention ou volonté de suicide sont souvent à la base de tels accidents. Le conducteur fantôme décède une fois sur 6 . Au cours des 10 dernières années, on a déploré 327 victimes (45 morts et 282 blessés) au cours de 143 accidents.

Onze pour cents en mars et beaucoup de seniors

Le nombre d’accidents est relativement bien réparti sur l’année mais on relève quand même un pic au mois de mars: 11% des accidents avec un conducteur fantôme ont lieu ce mois-là; 38% des accidents corporels impliquant un conducteur fantôme ont lieu la nuit et principalement les nuits de week-end (24%).

Plus d’un conducteur fantôme sur 5 (21%) a plus de 65 ans, alors que les seniors ne sont représentés que dans 4% de l’ensemble des accidents sur autoroute. Mais en chiffres absolus, c’est chez les 25-49 ans que l’on compte le plus de conducteurs fantômes.

Dans pratiquement un cas sur 4 (23%), le conducteur fantôme était sous l’influence de l’alcool au moment de l’accident. C’est quasi 2,5 fois plus que pour l’ensemble des accidents corporels sur autoroute (10%). Certaines études menées à l’étranger montrent que la moitié des conducteurs fantômes sont sous l’emprise de l’alcool.

Rouler à contresens arrive plus fréquemment lorsque la visibilité est réduite, surtout en automne et en hiver, ainsi que la nuit. Il ressort d’une étude néerlandaise que seule la moitié des conducteurs fantômes roulent à contresens à partir d’une sortie d’autoroute. Les autres font demi-tour alors qu’ils se trouvent déjà sur l’autoroute. Assez paradoxalement, un trafic peu dense peut contribuer à la perte des repères.

Que faire face à un conducteur fantôme: ralentissez tout en serrant votre droite, quitte à rouler sur la bande d’arrêt d’urgence. Les études montrent en effet que les conducteurs fantômes ont une forte propension à rouler à droite (donc, sur la bande de gauche pour vous. Faites éventuellement des appels de phares lorsque vous croisez le conducteur fantôme et seulement à ce moment pour ne pas le faire paniquer. Prévenez le plus vite possible les services de police.

Et si c’était vous....

Et s’il vous arrivait de prendre l’autoroute à contresens? Dès que vous vous en rendez compte, ralentissez et allumez vos feux de croisement et vos feux de détresse. En aucun cas, vous ne devez accélérer pour tenter de gagner au plus vite la prochaine bretelle d’accès.

Si aucun véhicule n’arrive en face, dirigez-vous vers la bande d’arrêt d’urgence et arrêtez-vous. Dans le cas contraire, serrez le plus possible votre droite pour que ce véhicule puisse faire une manœuvre d’évitement (par sa droite). Prévenez immédiatement les services de police. Elles vous aideront à vous remettre dans le sens de la marche.