Belgique Elle reconnaît avoir tué son voisin de 98 ans pour se venger des abus subis à l’âge de 7 ans.

Début, mercredi, du procès de Martine D., une habitante de Trooz, âgée de 49 ans, poursuivie devant le tribunal correctionnel de Liège pour l’assassinat d’André Harray, son voisin âgé de 98 ans.

Lors de son interrogatoire, elle a déclaré qu’elle souhaitait depuis longtemps le décès de la victime. Elle l’accuse d’avoir abusé d’elle quand elle était âgée de 7 ans et alors qu’elle était confiée à la garde de son voisin le mercredi après-midi. Martine D. a détaillé les abus sexuels et les viols subis. Elle dit avoir porté ce poids pendant toute sa vie et n’avoir jamais osé en parler à ses parents. Seules quelques amies d’enfance avaient recueilli ses confidences.

Le 24 septembre 2016, Martine D. s’était présentée chez son voisin munie d’un couteau. "Je ne sais pas ce qui a déclenché mon geste. J’ai eu cette idée d’aller lui faire du mal. J’avais envie de le rabaisser comme il m’avait rabaissée. Je n’étais pas bien. J’ai déposé le couteau et, lorsqu’il a ouvert la porte, je l’ai frappé avec mes mains. Depuis qu’il est mort, je vais bien. Je n’ai plus d’angoisses. Je n’ai plus de nausées et je suis calme. J’ai toujours souhaité sa mort. Mais je ne suis pas une agressive et je ne me suis jamais crue capable de tuer quelqu’un", a déclaré la prévenue.

Martine D. a par ailleurs saccagé le logement de sa victime. "Il y avait la photo de mariage de son couple accrochée au mur. J’ai été horripilée par cette photo. Je ne comprends pas comment on peut passer toute une vie à faire la politique de l’autruche", a-t-elle expliqué, disant regretter d’avoir fait de la peine à ses enfants et aux personnes qu’elle aime mais ne formulant aucun regret au sujet de sa victime.

C’est en 1991, après une altercation avec André Harray, que Martine D. avait dénoncé pour la première fois publiquement les faits d’abus dont elle avait été victime. Mais l’affaire avait été étouffée après l’intervention du curé du village en faveur d’André Harray.

Rejeté par une partie de sa famille

Le tribunal a encore entendu un témoin, qui a révélé qu’André Harray avait fait l’objet d’une mesure d’écartement de son cercle familial en raison de soupçons de pédophilie. Cet homme aurait aussi abusé d’une de ses nièces dans les années soixante mais la justice n’a jamais eu à se prononcer. Plusieurs membres de son entourage avaient décidé de couper les ponts avec lui. "Dans la famille, il était acquis qu’il présentait un problème de pédophilie", a indiqué le témoin, et des recommandations strictes avaient été émises à l’égard des jeunes enfants susceptibles d’être mis en contact avec la victime.