Belgique

Il n’aura fallu qu’un tour pour désigner le successeur de Joël Rubinfeld à la tête du comité de coordination des organisations juives de Belgique : mardi soir, le Dr Maurice Sosnowski a en effet obtenu 50 voix sur les 70 potentielles - soit plus de 60 pc des voix requises - après le retrait de l’autre candidat, Henri Benkoski qui a estimé que l’élection manquait de sérénité.

Le nouveau président de l’organe fédérateur des institutions juives de Belgique qui sont surtout implantées sur Bruxelles - celles d’Anvers étant plutôt reliées au Forum der Joodse verenigingen - est chef de service en anesthésie et réanimation aux hôpitaux Saint-Pierre et Bordet à Bruxelles. Professeur à la Faculté de médecine de l’Université libre de Bruxelles et détenteur aussi d’un master en management, Maurice Sosnowski siège également au bureau de cette faculté.

Marié et père de trois enfants, il est aussi le beau-frère de feu Jo Wybran qui le précédait à la tête du CCOJB lorsqu’il fut assassiné le 3 octobre 1989 sur le parking de l’hôpital universitaire Erasme où il était chef du service Immunologie. Une affaire jamais élucidée jusqu’aux récents aveux d’Abdelkader Belliraj et qui à ce jour continue à interpeller très fort le Dr Sosnowski.

Ce n’est pas la seule raison qui l’a amené à se présenter à la direction du CCOJB : "La communauté juive de Belgique ressent très mal un antisémitisme endémique qui remonte trop régulièrement à la surface. Certes, ses poussées récurrentes viennent probablement des retombées du conflit israélo-palestinien mais il est vraiment temps, pensons-nous, d’y mettre un terme. D’où ma candidature qui a bénéficié du soutien des grandes associations communautaires qu’elles soient de gauche ou de droite" .

Une bonne formule selon le médecin qui n’hésite pas à faire une analogie avec son métier : "Mon expérience professionnelle m’a appris que lorsqu’il y avait un souci et que cela ne tournait pas rond, il pouvait être bon d’aller chercher quelqu’un de l’extérieur pour rapprocher les points de vue".

Dans le contexte d’inquiétude que connaît la communauté juive chez nous, d’aucuns ont aussi estimé que le moment était venu de resserrer les rangs après la présidence de Joël Rubinfeld dans lequel ils voyaient davantage un diviseur qu’un président susceptible de rapprocher les visions. Maurice Sosnowki correspondait ici de toute évidence à ce profil, davantage sans doute que Henri Benkoski. "Il est temps pour le CCOJB de renouer avec les médias et avec le monde politique" poursuit son président fraîchement élu. "Comme homme de dialogue, je me battrai pour le plus large consensus d’autant plus que je ne suis ni de gauche ni de droite. A l’instar de Montaigne, je place l’humanisme et l’homme au centre de la politique".

Le nouveau président du Centre de coordination des organisations juives de Belgique se fixe dans l’immédiat au moins trois grands objectifs : "La lutte contre l’antisémitisme figure, bien entendu, en première place. Mais encore faut-il le faire de manière à emporter l’adhésion du plus grand nombre. c’est pourquoi je privilégierai ici aussi le dia logue. Ensuite, il ne surprendra personne que je veux une communauté juive forte et unie. Pour moi, cela passe aussi par une meilleure entente avec la communauté juive de Flandre et plus particulièrement encore d’Anvers. Je veux donc aussi entrer en débat avec le Forum. Il est très important, pensons-nous, qu’il y ait une voix juive belge qui s’inspire en fait de ce qui se fait sur le plan politique fédéral. Enfin, je veux aussi endiguer le venin de l’antisionisme. La politique israélienne est une chose qui concerne d’abord les Israéliens mais je ne puis admettre que certains veulent encore la destruction d’Israël. Cela figure du reste dans la charte du CCOJB "