Belgique

Les métros ne roulent pas dans la capitale, les trams ne desservent pas les arrêts sous-terrains. Il est difficile d'avoir un taxi. Un mouvement de grève a lieu sur le rail et au TEC dans le Hainaut. Les gens doivent donc s'armer de patience.


Stib : Les métros et de nombreuses lignes de bus à l'arrêt

Alors que les métros ne roulent plus depuis samedi et que le trams sont opérationnels uniquement en surface, les bus devaient normalement circuler comme d'habitude ce lundi malgré l'alerte de niveau 4 décrétée par l'OCAM. Mais ce lundi, de nombreuses lignes de bus ne roulent pas. Il s'agit des lignes 14, 17, 20, 22, 36, 49, 50, 54, 69, 72, 75, 76, 77, 78 et 88. Les autres bus roulent à des fréquences réduites.



Selon la Stib, deux raisons expliquent cette situation: certains des chauffeurs ont eu des problèmes pour arriver au dépôt ou n'ont trouvé personne pour garder leurs enfants. D'autres ont tout simplement un peu peur et ne sont pas venus. Dans une lettre ouverte envoyée à l'attention des gouvernements fédéral, bruxellois et de la direction de la Stib, les conducteurs de bus et de tram ont, en effet, fait part de leurs craintes et annoncé qu'ils ne prendraient pas tous le volant.

Ils s'en expliquent notamment de la sorte : "Dans cette situation exceptionnelle, nous, conducteurs de tram et chauffeurs de bus avons dès lors été laissé libres de nos choix, d'évaluer seuls la situation et son niveau de gravité, de transporter des voyageurs sur le réseau de surface... ou pas, de risquer notre vie et des vies humaines ou pas. Nos vies et celles des voyageurs qui ne prennent pas le métro ont-elles moins de valeur à vos yeux? Si aucun agent n'a été obligé de prendre son bus ou son tram, beaucoup de collègues l'ont fait la peur au ventre".

Dans cette lettre, ils ajoutent que "Nous avons été nombreux a décider de ne pas prendre ce risque, tant pour notre sécurité que celle des voyageurs. Et il en ira de même ce lundi 23 novembre. Vous, décideurs politiques et dirigeants de la STIB, que feriez-vous à notre place, en votre âme et conscience? Vous avez même envisager de réouvrir le métro pour limiter l'impact...économique sur les entreprises... Attendez-vous qu'un bus ou un tram avec 150 voyageurs soit attaqué ou explose pour réagir? Nous ne l'acceptons pas!"


Perturbations à la SNCB

En raison de la menace terroriste, la circulation ferroviaire est perturbée à plusieurs endroits de la capitale. Des trains sont par ailleurs supprimés dans la région de Tournai, la plus touchée par la grève intersectorielle prévue ce lundi à Namur et dans la province du Hainaut, ont indiqué la SNCB et le gestionnaire du rail, Infrabel, vers 06h30. A Bruxelles, les trains ne font plus arrêt dans les gares de Bruxelles-Schuman, Bruxelles-Ouest, Merode et Delta. Ces gares, fermées sur ordre de la police, le resteront jusqu'à nouvel ordre, à l'instar des stations de métro et de pré-métro de la capitale.

En raison de la grève intersectorielle, plusieurs trains sont à l'arrêt en gare de Tournai. Les lignes Tournai-Mouscron, Tournai-Lille et Tournai-Leuze-en-Hainaut ne sont plus desservies. En revanche, quelques trains circulent encore vers Mons, précise Infrabel.

En dehors de la région de Tournai, "quelques trains sont supprimés pontcuellement et des retards sont à prévoir, mais il n'y a pas de fermeture totale de lignes", ajoute le gestionnaire du rail.

En Flandre, la grève impacte les lignes reliant Binche et Turnhout, Charleroi et Anvers ainsi qu'Anvers et Nivelles.

Le mouvement de grève est organisé par la CSC et la FGTB à Namur et dans toute la province du Hainaut. Les syndicats entendent protester contre les mesures d'économies du gouvernement fédéral.


Sur la route: deux fois plus d'embouteillages que d'habitude

En raison de la situation exceptionnelle, le réseau routier belge connaissait ce matin deux fois plus d'embouteillages qu'habituellement.

Selon Touring, il y avait ce matin un total de 331 kilomètres de files, ce qui est important si on tient compte du fait qu’une bonne partie des navetteurs ont opté pour le home working voire même un jour de congé.

Les perturbations sont à dénombrer à différents endroits du pays, et elles sont sans doute liées au mouvement de grève très largement suivi à Charleroi ainsi qu'à la fermeture du réseau de métro dans la capitale, de l'absence de bus De Lijn et des perturbations sur le rail.

Cependant, selon Bruxelles Mobilité, Bruxelles a vécu une heure de pointe très calme avec seulement quelques tunnels encombrés. À 9h20, le ring se dégageait peu à peu.


De nombreux bus De Lijn ne circulent pas vers Bruxelles

De nombreux chauffeurs de bus de la société De Lijn n'ont pas pris le service dans la province du Brabant flamand lundi matin, en raison du maintien de la menace terroriste au niveau maximal dans la capitale. Les bus scolaires desservant les écoles bruxelloises ne circulent pas non plus étant donné que ces dernières sont fermées. Les perturbations concernent essentiellement les lignes Bruxelles-Alost (lignes 212-214), Bruxelles-Wemmel (240-246) et Bruxelles-Ninove (126-128). Le trafic est également difficile entre Louvain et Bruxelles (351, 358), ainsi que sur la ligne rapide 410, qui relie Bruxelles et Louvain.


Grève intersectorielle en Hainaut: ni bus ni métro à Charleroi

La grève en front commun CSC-FGTB a des effets immédiats dès les premières heures de lundi à Charleroi : il n'y a ni bus ni métro sur les lignes de transports en commun. La direction des TEC Charleroi a constaté que certains agents avaient placé des bus en travers des entrées des dépôts, empêchant toute sortie de véhicules. Elle a dès lors décidé de fermer les stations de métro. Seul un bus provenant du dépôt de Nalinnes a pu brièvement circuler, indique encore la direction qui placera les attestations nécessaires à ses clients sur son site internet dans le courant de la matinée.


Pas de bus à Tournai et Mouscron

La grève est par ailleurs totale au dépôt TEC de Tournai, dont les bus desservent les régions du Tournaisis et de Mouscron, les plus touchées par le mouvement de grogne. Les bus privés circulent toutefois normalement. Dans la région d'Ath-Lessines, où les transports en bus sont essentiellement assurés par des firmes privées, la situation est quasi normale.


Grève intersectorielle en province de Namur: l'action reportée, trafic normal des bus

L'action prévue lundi dans le cadre de la grève intersectorielle en province de Namur est reportée à début décembre, "probablement la semaine du 7 au 12", a annoncé lundi matin Luc Giltay, secrétaire général adjoint de la FGTB Namur. Les grands rassemblements publics, prévus devant l'UCM et sur le parvis des Finances, ont été annulés à la suite des attentats de Paris. Les bus roulent quant à eux normalement lundi dans toute la province, a indiqué Nora Sli, porte-parole des TEC Namur-Luxembourg. Quelques piquets de grève ont lieu devant de grandes entreprises, comme Kraft-Mondelez à Temploux, "vu que cela demande des contacts et une organisation des services", tandis que les travailleurs du secteur de la construction ne se rendent pas sur chantier.

"Nous voulions mener des actions qui ne perturberaient pas la population, mais qui étaient plutôt de sensibilisation, d'explication et de rappel de nos messages. La police ne nous a pas demandé de reporter les actions. Mais nous avons estimé, en tant qu'organisation responsable, qu'il valait mieux annuler ces rassemblements publics qui demandent une certaine mobilisation de la police lorsque les forces de l'ordre ont une pression maximale", a expliqué Luc Giltay.

Une réunion a lieu lundi à 17h00 entre les différents responsables syndicaux de la province en vue d'une réévaluation et de la réorganisation de l'action début décembre.


Grève intersectorielle en Hainaut: mouvement très largement suivi à Charleroi

Le mouvement de grève déclenché par le front commun FGTB-CSC est très largement suivi depuis les premières heures dans la région de Charleroi, indique-t-on de source syndicale. On n'y note aucun incident. La teneur du mouvement avait été modifiée quant à sa forme en raison des menaces d'attentat terroriste. "Comme convenu", indique Vincent Pestieau, secrétaire régional FGTB, "il n'y a pas eu de barrage installé le long des routes ou sur les voiries des zonings".

Les transports en commun des TEC sont à l'arrêt complet depuis les premières heures.

Des piquets ont été mis en place devant une série d'entreprises importantes de la région, qui sont à l'arrêt, comme Aperam à Châtelet, Caterpillar à Gosselies ou l'entreprise de travail adapté Entra, à Heppignies.

Les administrations (Onem, Forem) ont également cessé le travail, tout comme les secteurs de l'administration communale, précise encore le responsable syndical, pour qui la grève, suivie dans le respect des consignes de sécurité, n'a suscité aucun incident.


Des personnes sur la voie ont perturbé le trafic ferroviaire à Bruxelles

La circulation ferroviaire a été interrompue durant une vingtaine de minutes lundi matin à la gare de Bruxelles-Midi à la demande des services de secours en raison de la présence signalée de personnes sur les voies entre cette gare et celle de Bruxelles-Central, a-t-on appris auprès d'Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure. Les trains ont à nouveau pu quitter la gare de Bruxelles-Midi peu après 09h00 mais ces perturbations devraient encore causer quelques retards au trafic ferroviaire.