Belgique

Dans certains coins du Limbourg et du Brabant flamand, ainsi qu'à Bruxelles et ses alentours, est tombée ce matin une neige assez inhabituelle.

Il s'est passé ce lundi matin un phénomène météorologique très spécial et surtout imprévu. Il est tombé de la neige industrielle. C'est en tous cas une possibilité.

Alors que les modèles n'avaient pas prévu ce cas de figure, de la neige s'est formée au-dessus des bassins industriels en Allemagne de l'Ouest. Peu avant midi, elle se dirigeait vers la Wallonie.

"Cette neige industrielle est le fruit d'un processus à très petite échelle", explique le météorologue David Dehenauw à VTM. "La neige cristallise de l'air humide provenant des bassins industriels allemands."

C'est un phénomène connu des météorologues et qui a été étudié au microscope par les scientifiques qui voulaient répondre à la question suivante : y a-t-il une différence entre la neige "normale" et la neige industrielle ? La réponse est non, c'est bien de la vraie neige dans tous les cas !

Que se passe-t-il concrètement ? Les nuages tout à fait naturels actuellement dans l'atmosphère notamment allemande (qui sont produits par les masses d'air humide venant de la mer baltique) sont en quelque sorte "boostés" par l'effet industriel dans l'Ouest de l'Allemagne, la Rhur, pour être précis. Résultat : ce qui n'aurait été normalement que quelques flocons devient davantage que cela, voire "une accumulation" de neige.

Plus précisément, décrit le docteur en physique Fabian Debal (IRM), "l'effet précipitant des nuages naturels est augmenté lors de leur passage au-dessus des industries allemandes." Car celles-ci fournissent (ou émettent) deux choses nécessaires aux nuages : de la vapeur d'eau, mais aussi des particules présentes dans les fumées d'usine. Ces particules servent en gros de support pour passer d'un état liquide aux cristaux de glace et aux gouttelettes.

Phénomène limité dans le temps et dans l'espace

La neige qui est tombée sur le centre du pays ce matin vers 10 heures (Bruxelles et alentours) est elle aussi sans doute une conséquence, comme en Flandre, de cet effet "amplificateur" industriel, selon Fabian Debal. L'effet peut s'étendre assez largement. "Mais c'est un phénomène cependant transitoire (fin de nuit, début de matinée), limité dans l'espace (partie nord-est du territoire, jusqu'au centre du pays) et "catalysant/boostant" des précipitations neigeuses déjà préexistantes", insiste Fabian Debal.Ainsi,si le "boost industriel" n'a pas été prévu, les chutes de neige liées à l'instabilité naturelle était mentionnée dans les prévisions des jours précédents. Des chutes de neige ont touché notre pays; elles étaient généralement faibles, mais dans certaines régions (du nord-est au centre du pays), elles se sont montrées plus marquées"

Le boost industriel est à ce stade une hypothèse, tient à ajouter Fabian Debal, mais même si elle était confirmée, une grande partie des chutes de neige sur le pays ce lundi est due à de l'instabilité "naturelle", et "qui est maximum en journée suite à l'échauffement diurne de la surface".

Ces boost industriels sont en tous cas difficiles à prévoir par les métérologues, car ils dépendent d'un facteur humain compliqué à prendre en compte par les modèles météo : quelle usine va produire quoi, à quel moment, en quelle quantité...

Une question se pose en tous cas : puisqu'elle "sort" en partie des industries, cette neige est-elle particulièrement polluée ? Non, cette neige n'est pas dangereuse, estime Fabian Debal. "Ces particules ne sont pas forcément nocives, et puis elles se retrouveraient de toute façon dans l'atmosphère !"

On pourrait, cela dit, assister au même phénomène ce mardi : les météorologues s'attendent à faibles chutes de neige locales, liée à une instabilité naturelle dans la masse d’air polaire et à peut-être aussi à l’effet industriel. Les vents viendront toujours du Nord-Est.