Belgique

A quelques heures de la décision de la Cour de Cassation sur la libération conditionnelle de Michelle Martin, le président du MR, Charles Michel, a implicitement rejeté sur le PS la responsabilité politique de cette remise en liberté controversée. Invité politique de la matinale de Bel-RTL mardi matin, M. Michel a indiqué que son parti avait réclamé il y a de nombreuses années déjà la mise en place de peines incompressibles, ce qui "aurait permis d'éviter que Michelle Martin, condamnée à 30 ans de prison, n'en fasse en fait que 16 ans", a-t-il fait valoir.

Mais, "depuis de très nombreuses années, c'est le parti de M. Giet, la vice-Première Laurette Onkelinx notamment, ostensiblement, publiquement! , qui a combattu la mise en place des peines incompressibles", a fustigé le chef de file réformateurs.

Si le principe a finalement été intégré en décembre dernier dans l'accord de gouvernement papillon, c'est grâce au MR "qui a bataillé pour cela". "Nous avons obtenu gain de cause", a ajouté M. Michel, qui s'est dit "écœuré" par la probable libération de l'ex-femme de Marc Dutroux. A ses yeux, il s'agit là d'un "message donné par le système (judiciaire) (...) qui est choquant" pour la société, a-t-il conclu.

Le PS accuse le MR de populisme et de malhonnêteté intellectuelle

Le PS a rejeté avec force les propos du président du MR, Charles Michel, qui sur les ondes de Bel-RTL mardi matin avait imputé aux socialistes francophones la responsabilité politique de la possible remise en liberté mardi de Michelle Martin.

Dénonçant l'attitude "plus que populiste" du président des réformateurs, le PS rappelle, sur base du principe de non-rétroactivité du droit pénal, qu'il aurait fallu que la réforme sur les peines de prison soit en place avant 1996 pour qu'elle puisse s'appliquer à l'ex-femme et complice de Marc Dutroux. "Faire croire qu'une loi adoptée en 1999 lorsque Laurette Onkelinx était Vice-Premier ministre aurait pu empêcher la libération de Michelle Martin est donc vraiment malhonnête intellectuellement", dit-on au Bld de l'Empereur, pour qui la sortie de Charles Michel relève du "message scandaleux". "C'est dépasser les limites", fustige le parti socialiste.