Belgique

Sans surprise, mais avec un joli taux de participation (50 %), les militants du CDH ont largement plébiscité (87,07 %) le ticket Milquet-Lutgen à la présidence du parti. Les résultats ont été proclamés vendredi soir.

L’élection à la présidence des humanistes ne constituait pas, en soi, un grand suspens. Benoît Lutgen, ministre régional de l’agriculture, dauphin désigné, n’avait pas très envie de reprendre trop vite le flambeau du CDH que l’actuelle présidente souhaitait abandonner. Dès lors, le bureau politique du parti avait demandé à Joëlle Milquet de prolonger son mandat de quelque temps. Mais le parti souhaitait aussi que la transition se passe dans le calme et la continuité. Et Benoît Lutgen apparaissait, aux yeux de beaucoup comme, non pas le gendre idéal, mais le président idéal, face à Jean-Michel Javaux (Ecolo), notamment. Et plus tard, face à Paul Magnette (PS) sans doute, voire à Charles Michel (MR). D’où l’idée de constituer un "ticket" entre Joëlle Milquet et Benoît Lutgen : la première continuant à présider le parti jusqu’à la formation du prochain gouvernement fédéral, le deuxième prenant le gouvernail du parti dès que ce gouvernement fédéral sera constitué jusqu’au lendemain de la constitution du prochain gouvernement régional en 2014. Cela laisse à Joëlle Milquet le soin de négocier la prochaine réforme de l’Etat (ou en tous les cas, l’accord sur BHV). Et cela permet à Benoît Lutgen de poursuivre son travail au sein du gouvernement wallon. Car on sait que le Bastognard est bien plus à l’aise dans ses matières régionales que dans la tuyauterie institutionnelle.

Revenons aux résultats. Épinglons d’abord le taux de participation : pour une élection gagnée d’avance, le taux est intéressant (50 %). Lors des deux élections de Didier Reynders à la présidence du MR, seuls 37,84 % (en 2004) et 27,17 % (en 2008) des membres avaient participé au scrutin. Pour Elio Di Rupo, les taux de participation furent de 38,6 % (en 99), 33,33 % (en 2003) et 30,30 (en 2007). Le ticket Milquet-Lutgen a recueilli 8103 voix, soit 87,07 %. Jan Lippens, le juriste anversois, qui avait osé déposer sa candidature, avec comme slogan la défense de la Belgique, a quand même recueilli près de 13 % des voix. Ce qui est tout à fait honorable. L’homme a d’ailleurs remercié son parti de lui avoir permis, lui simple militant, de participer à cet exercice démocratique. "On sait maintenant qui l’on peut envoyer le dimanche midi sur les plateaux de télévision de la VRT", a plaisanté Mme Milquet . Il est vrai que Benoît Lutgen devra encore perfectionner son néerlandais

Joëlle Milquet, s’est félicitée de cette passation de pouvoir en douceur, même si cette valse à deux temps ne correspondait pas à son projet initial. Elle a redit sa confiance dans le projet "humaniste, optimiste et magnifique". En ces temps de conférence climatique, elle a redit son credo : "L’important, n’est pas tellement de savoir quelle planète nous laisserons à nos enfants mais bien quels enfants nous laisserons à notre planète".

Benoît Lutgen a promis de faire vivre et de respecter, le moment venu, les valeurs fondamentales du CDH : générosité et responsabilité.