Belgique

Le FN belge et ses dissidences ont vécu. Ce devrait, en tout cas, être la conséquence d’un arrêt rendu, jeudi, par la 7e chambre civile de la cour d’appel de Liège, laquelle a confirmé un jugement de première instance interdisant à l’ASBL Front national belge conduit par le conseiller communal Salvatore Nicotra d’utiliser sa marque et son sigle. L’astreinte en cas d’infraction est fixée à 10 000 euros par jour, avec un plafond de 150 000 euros.

Il y a quelques semaines Marine Le Pen, la présidente du Front national français, a interdit à tous ses partisans belges d’utiliser le nom, les initiales et la flamme tricolore, emblème de son parti. Marine Le Pen dénonçait une assimilation organisée pour profiter des retombées des résultats enregistrés par le FN français et estimait que ce fait lui était préjudiciable.

Le conseiller communal Salvatore Nicotra s’était opposé à cette interdiction. La cour d’appel n’en a pas moins confirmé le jugement de première instance reconnaissant au FN français la propriété de sa marque et de son logo.

La cour souligne que le dépôt de la marque est valable et qu’elle est la propriété de Marine Le Pen. Celle-ci peut interdire aux partis belges de l’utiliser. Le FN belge se voit interdire l’usage de la marque, sous n’importe quelle forme et sous n’importe quelle utilisation.

Anticipant la décision de justice, le Front national de Belgique a d’ores et déjà décidé de créer une nouvelle formation, baptisée Démocratie Nationale (DN), "le seul vrai successeur du FN en Belgique", selon son président intérimaire, Marco Santi, tête de liste du FN en Brabant wallon aux législatives de 2010. La formation entend présenter des listes aux communales d’octobre prochain.

Il y a quelques semaines, la présidente du Front National français avait signifié, par le biais de son conseil en Belgique, avocat au barreau de Liège, la fin de la convention liant son parti, depuis avril 2011, avec le Front National belge "réunifié", dirigé par Charles Pire, ex-député wallon décédé début janvier.

Cette convention, valable un an, pouvait être dénoncée unilatéralement à tout moment. Marine Le Pen, candidate à l’élection présidentielle française, poursuit, notamment à l’égard de l’électorat français vivant en Belgique, une tentative de "dédiabolisation" du parti qu’elle a hérité de son père.

Elle avait été informée, notamment par la lecture du site "ResistanceS.be", de la présence au sein du FN belge "réunifié" de personnes se revendiquant de l’extrême droite radicale et c’est ce qui l’a incitée à agir.

Le FN belge avait été créé en 1985, dans le sillage du FN de Jean-Marie Le Pen. En 2004, il envoyait quatre députés au Parlement wallon. Des dissensions internes conduisirent à l’éviction de son fondateur Daniel Féret puis à l’éclatement du parti en plusieurs groupuscules concurrents, se revendiquant tous de l’héritage.

Depuis, ces factions se tirent dans les pattes.

J.-C. M. (avec Belga)