Belgique

Molenbeek-Saint-Jean, foyer islamiste? C'est plus ou moins la conclusion à laquelle est parvenue Hind Fraihi, une journaliste indépendante. Pour les besoins de son enquête, elle a habité deux mois au coeur de Molenbeek- Saint-Jean en se présentant comme une étudiante en sociologie.

Son enquête a été publiée dans les quotidiens flamands «Het Nieuwsblad» et «Het Volk». La journaliste y affirme notamment que des recruteurs de combattants au jihad sont actifs à Molenbeek-Saint-Jean. Ils recherchent des personnes prêtes à suivre des formations militaires en Afghanistan. Le recrutement serait organisé en rue, dans les stations de métro et dans des mosquées dissimulées derrière des façades anonymes. Pour la journaliste encore, la Sûreté de l'Etat n'a pas de prise sur ce recrutement: «La plupart des mosquées, qui mettent à disposition des documents dangereux, fonctionnent dans le plus grand anonymat et sont difficilement infiltrables par la Sûreté.» Aussi inquiétantes que puissent paraître ces allégations, elles ont toutefois suscité perplexité et irritation. «Les propos sur -notamment- le rôle du Centre islamique belge (CIB) et du Cheikh Bassam n'ont rien d'une révélation, tous les journaux en ont parlé. Elle évoque aussi des filières de recrutement de jeunes sans fournir aucune indication. On peut faire dire n'importe quoi aux jeunes, mais si elle a des preuves de l'existence d'une filière qu'elle contacte la police», rapporte Philippe Moureaux, bourgmestre de Molenbeek, qui rappelle aussi que la commune n'est pas non plus cette espèce de zone de non-droit où les jeunes se moquent de la police. «La démarche de cette journaliste n'est pas très crédible, reste à s'interroger sur ses motivations. On peut y voir l'ombre de l'extrême droite flamande cherchant à jeter le discrédit sur Bruxelles, mais aussi une démarche commerciale de la part de quotidiens flamands qui considèrent l'islamisme comme un sujet vendeur en Flandre.»

© La Libre Belgique 2005