Belgique

Il ne fait pas bon traverser dans les passages cloutés, ni se réfugier sur la bande d’arrêt d’urgence des autoroutes.

Trois piétons (dont deux sont morts) ont ainsi été écrasés au cours du week-end. A Saint-Gilles, un jeune conducteur de 22 ans, détenteur d’un permis de conduire provisoire, a renversé et blessé un piéton. L’automobiliste conduisait sous l’influence de l’alcool. Le parquet lui a retiré son permis pour quinze jours. A Rijkevorsel, une femme de 54 ans a été percutée alors qu’elle se trouvait sur un passage pour piétons. Elle est morte sur le coup. Son compagnon, fauché lui aussi, est dans un état grave. Enfin, un piéton de 73 ans est décédé après avoir été accroché par une voiture à l’issue d’un match de football, à Alost. L’accident a eu lieu sur un passage protégé.

Par ailleurs, deux jeunes, originaires de Lendelede, ont perdu la vie, samedi soir, dans un accident, sur l’E403, à hauteur d’Ardooie. Les deux amis circulaient en direction de Bruges lorsque leur voiture a heurté la berme centrale.

Ils ont quitté leur véhicule et rejoint la bande d’arrêt d’urgence, d’où ils ont prévenu les secours. Peu de temps après, un véhicule tentait d’éviter la voiture accidentée et glissait sur la chaussée, fauchant au passage les deux jeunes de 19 et 20 ans.

Ceux-ci ont été tués sur le coup. Les deux occupantes de la voiture qui les a percutés ont été grièvement blessées après que leur véhicule eut fini sa course contre un poteau.

Ce drame illustre, une fois de plus, les dangers de se trouver ou de stationner sur la bande d’arrêt d’urgence des autoroutes.

Plusieurs accidents graves s’y produisent chaque année. D’après diverses études, l’espérance de vie pour un piéton se trouvant à cet endroit oscillerait entre quinze et vingt minutes.

Cette bande, aussi appelée bande des pneus crevés, n’a d’autre raison d’être que de permettre aux automobilistes dont le véhicule connaît des ennuis mécaniques ou a été accidenté de se mettre à l’abri de la circulation.

Benoît Godart, de l’Institut belge pour la sécurité routière, nous confiait récemment que le regard des conducteurs circulant sur la bande droite de l’autoroute est immanquablement attiré par un véhicule ou par une personne arrêtés sur la bande d’arrêt d’urgence et qu’il arrive qu’inconsciemment certains se dirigent vers l’obstacle ainsi fixé et aillent le percuter. "C’est pourquoi, lorsque pour une raison ou pour une autre, un automobiliste est contraint de quitter son véhicule il est impératif qu’il se mette à l’abri en passant derrière les barrières de sécurité" , indiquait M. Godart.

Des études ont montré que trop souvent des usagers restent délibérément auprès de leur véhicule, sans conscience du danger qu’ils courent.

Il en est même qui utilisent la bande d’arrêt d’urgence à très mauvais escient. Des patrouilleurs du club automobile flamand VAB avaient constaté, voici quelques années, qu’il était fréquent que des automobilistes garent leur voiture sur la bande d’arrêt d’urgence pour téléphoner, satisfaire un besoin urgent, dérouiller les pattes de leur chien, régler leur GPS, consulter une carte routière, pique-niquer, faire la sieste, etc.

Par ailleurs, en cas de bouchons, trop d’automobilistes utilisent la bande d’arrêt d’urgence, réservée en ce cas aux véhicules de secours, de service ou de police, comme échappatoire.

A Ardooie, c’est davantage la fatalité qu’il faut incriminer. Mais une fois de plus, ce fait divers illustre la fragilité des usagers se trouvant sur un morceau de chaussée particulièrement dangereux.

J.-C.M. (avec Belga)