Belgique

Le sénateur et vice-président du PS, Philippe Moureaux, n'a pas mâché ses mots dimanche, sur le plateau de RTL-TVi, à propos du président du MR et vice-premier ministre, Didier Reynders. Il n'a pas hésité à le classer à l'extrême-droite sur le plan fiscal et sociétal. "Intelligent, dangereux, extrême-droite sur le plan fiscal et sur le plan sociétal mais pourtant un homme très respectable", a-t-il lancé alors qu'il était invité à qualifier d'un adjectif M. Reynders.

La vice-première ministre et présidente du cdH, Joëlle Milquet, a elle aussi reçu son lot de remarques caustiques après ses critiques sur M. Moureaux et l'interview qu'il a accordée au Soir en début de semaine. "Il y a des élections dans un an. C'est assez clair que Mme Milquet fait de l'électoralisme. En plus, elle a une petite tendance au mensonge: je n'ai jamais dit qu'il fallait scinder la sécurité sociale", a-t-il expliqué.

Le sénateur a d'ailleurs maintenu les propos qu'il a tenus. Il appelle chacune des communautés à ouvrir les yeux sur la réalité de l'autre, seul moyen pour faire évoluer la Belgique, selon lui. "Je crois que la Belgique est une valeur ajoutée mais je pense que la Belgique ne peut pas survivre si l'on n'essaie pas de comprendre l'autre", a-t-il répété.

Ainsi, en matière de sécurité sociale, il est fermement opposé à toute scission. Selon lui, il importe de garantir un financement fédéral de celle-ci, et au besoin dans un article de la Constitution. Il n'est en revanche pas opposé à une "fenêtre de liberté" laissée aux Régions. La Flandre, confrontée à un vieillissement de la population plus important qu'en Wallonie, pourrait ainsi disposer d'une marge d'autonomie en matière d'allocations familiales. Le socialiste attend toutefois de la Flandre, et singulièrement des partis flamands, qu'ils fassent eux aussi un effort pour entendre les francophones. Mais il se montre très réservé. "Je suis sceptique car cela demande une révolution de pensée du côté flamand", a-t-il dit.

Il affiche d'ailleurs ce scepticisme à propos de la date fatidique du 15 juillet. "J'espère qu'il y aura une esquisse d'accord, que ce pays continuera à être gouverné, que l'on ne rentrera pas dans une crise grave mais je ne prendrais pas les paris", a-t-il conclu.

Le MR n'a guère voulu s'étendre sur les propos qu'a tenus le sénateur et vice-président du PS, Philippe Moureaux, à l'égard de Didier Reynders. "Tout ce qui est excessif est insignifiant. En politique, il faut savoir partir à temps. C'est peut-être trop tard pour Philippe Moureaux", a déclaré la porte-parole de M. Reynders.