Belgique

Quoi qu’on en dise, l’ambiance est toujours tendue au Mrax. Dimanche, l’organe de lutte antiraciste a réuni son assemblée générale en vue de renouveler le conseil d’administration et de voter certaines modifications statutaires. La réunion a, à nouveau, mis au jour de vives dissensions. Cette fois, c’est Mouedden Mohsin, se présentant pourtant comme quelqu’un qui a soutenu et défendu à de nombreuses reprises le président actuel de l’ASBL, Radouane Bouhlal, qui sort publiquement du bois. Dimanche, il dénonçait "des dérives autoritaires" dans le chef du président et de son entourage. Précisons que le conseil d’administration du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie installé ce week-end doit bientôt désigner le (ou les) successeur(s) de Radouane Bouhlal. Ce dernier ayant annoncé, en décembre dernier, qu’il ne briguerait pas un troisième mandat.

Si Mouedden Mohsin ne se dit pas en désaccord complet avec la ligne politique dite Bouhlal, il critique vertement la gestion actuelle de l’association. Il dénonce notamment une organisation chaotique qui se manifeste par des relations exécrables entre le personnel et la présidence ainsi que la mise au placard de certains dossiers, tels que celui des violences policières. Radouane Bouhlal admet volontiers la dormance de ce projet mais l’attribue à la crise qui a secoué le Mrax en 2009 (tensions au sein de l’assemblée générale et heurts entre syndicats et direction). Pour le reste, il évoque surtout "une manœuvre de dramatisation" de la part d’un petit groupe candidat au pouvoir. Celui-ci a retiré sa candidature au CA avant d’être désavoué par l’assemblée générale, lance-t-il. Il se félicite par ailleurs de "la gifle" infligée à "ce noyau" qui avait notamment "défendu Dieudonné et s’était élevé contre l’idée de l’instauration de cours de philosophie à l’école, soutenue par le Mrax" . Et de saluer le vote des modifications des statuts acté dimanche.

Mais le président sortant essuie d’autres griefs. Membre du Mrax, Josy Dubié témoigne aussi des manières dictatoriales d’un Bouhlal "de plus en plus isolé" . Et de dénoncer le fait qu’il n’est plus possible de critiquer l’islam au Mrax sans être taxé d’islamophobe. "C’est inacceptable" , dit-il. "Josy devrait être content de ce qui s’est passé dimanche, réplique Radouane Bouhlal. Et qu’il se rassure, le droit au blasphème figure dans la liste des combats du Mrax. Il confond ce qu’il entend en AG et la position officielle du mouvement", affirme-t-il.

Enfin, Radouane Bouhlal constate qu’il ne trouve à ce jour dans le nouveau CA aucun candidat à la présidence du Mrax, qui, selon les nouveaux statuts, peut être bi ou tricéphale. "J’arriverai bien à en persuader un ou deux" , dit-il en annonçant une nouvelle AG pour la fin de l’été et en répétant qu’il n’est pas candidat à sa propre succession.