Belgique

La Ligue des droits de l'homme prêtait, lundi, ses locaux à l'association de fait "Secours rouge" (SR), qui a pour vocation le soutien de prisonniers dits politiques (d'extrême gauche). Au menu : un point de presse pour donner l'éclairage du mouvement, confidentiel en Belgique mais dont sont membres Bertrand Sassoye, Wahoub Fayoumi, Abdallah Ibrahim Abdallah, Constant Hormans et Jean-François Legros.

Les 4 premiers restent sous le coup d'un mandat d'arrêt (une ordonnance de libération pour les trois derniers a été frappée d'appel) et d'une inculpation d'appartenance à une organisation terroriste. Le dernier a, comme Pierre Carette, vu sa libération conditionnelle être suspendue.

Bref, le porte-parole Flor De Wit, aux côtés d'amis des intéressés, a longuement planté le décor, version "SR". Un décor flatteur, au plan historique, puisque des noms comme Aragon, Hemingway, Sartre ou, plus près, Paul-Henri Spaak, ont été associés au passé du mouvement qui, à l'heure actuelle, met la "solidarité de classe" (sociale et au singulier) en tête des priorités.

Le "SR" dénonce la répression et la criminalisation dont il se dit l'objet. Dans le collimateur, aussi : la "violence de la police" exercée lors des récentes arrestations, des proches des intéressés ayant "été maltraités et pris d'assaut par une brigade de policiers surarmés". De ceci découle, pour le "SR", que tout citoyen peut "un jour ou l'autre être vu comme un terroriste".

Les TAP se réunissent

Le torchon brûle-t-il entre Pierre Carette et le "SR" ? La presse (dont la liberté de ton n'est pas bien vue de ce côté) aurait en tout cas fait un amalgame ou été victime d'une instrumentalisation - on ne comprend pas tout... - en liant l'interpellation de l'ancien leader des CCC à celles des membres du "SR". Toujours est-il que Carette n'est pas associé à la défense collective du "SR" "à sa propre demande". Et que "les arrestations permettent également de nourrir l'idée que le SR est un repaire de criminels", se plaint encore le groupe qui pourrait affirmer le contraire à raison, en Belgique au moins, car exercer sa liberté d'expression ne relève pas du droit commun.

Le "SR", qui annonce une manifestation de soutien le 21 juin devant trois prisons, a aussi évoqué l'"acharnement judiciaire" et la faiblesse des motifs d'inculpation avant que la parole vienne à Me Laurent Kennes, défenseur de Bertrand Sassoye. Il redoute pour sa part la "stigmatisation d'un courant de pensée [...] o n confond la lutte des classes, qui est une terminologie marxiste, avec une activité terroriste". Et de dénoncer l'amalgame du parquet fédéral et de la juge d'instruction, qui s'intéresseraient davantage à ce courant de pensée qu'à des faits. Ce qui conduit à une "zone dangereuse" en marge de la lutte antiterroriste, pour l'avocat.

Ce mardi, Pierre Carette comparaît devant le tribunal d'application des peines pour savoir si la révocation de sa liberté conditionnelle est maintenue. Et idem pour Bertrand Sassoye le 24 juin. puis Jean-François Legros, le 1er juillet.