Belgique

Le ou la future ministre de l’Emploi n’aura pas le temps de chômer. Dès sa nomination, il ou elle sera attendu(e) de pied ferme par des artistes belges qui s’inquiètent pour leur futur. En cause ? Depuis le 6 octobre dernier, l’Onem aurait changé son fusil d’épaule et ferait preuve "d’interprétation restrictive" dans ses contrôles auprès des personnes touchant une allocation réservée aux artistes. Petit rappel, le métier d’artiste n’est pas un métier comme les autres. Mes projets sont ponctuels et souvent de courte durée, ce qui empêchait, jusqu’il y a peu, beaucoup d’artistes de toucher les allocations de chômage. La donne a changé en 2004, puisqu’un dispositif leur permet de toucher cette allocation de chômage au terme d’un contrat de courte durée. Et cette allocation a l’avantage de ne pas diminuer progressivement dans la durée, contrairement aux allocations "classiques" . Or, il y aurait des abus, selon l’Onem, qui ne s’explique pas le passage de 4 700 artistes touchant une allocation en 2004 à 8 400 en 2011. Selon la Smart, l’association professionnelle des métiers et de la création, l’Onem interprète "à sa guise" le dispositif qui ne brillerait pas par sa clarté. " I l est temps de bétonner ce statut dans un texte législatif , explique Julek Jurowicz de la Smart. Mais en attendant, il faut urgemment que l’Onem fasse retirer cette note d’interprétation restrictive qui met de nombreux artistes dans la précarité." Selon lui, les artistes ne sont " ni des privilégiés ni des profiteurs" . Loin de là. "On sous-estime trop souvent l’impact économique qu’ils ont sur la société. Ils créent leur propre job et souvent d’autres pour de personnes moins qualifiées." Une pétition pour sauvegarder les droits des artistes a déjà récolté plus de 20 000 signatures. " Avec la dégressivité progressive des allocations de chômage prévue par les négociateurs, ils risquent la double peine." La CSC abonde dans ce sens, tout en rappelant que la société Smart n’est, par nature, "nullement qualifiée pour ce type de négociation et doit donc être considérée comme en étant exclue"