Belgique

L'ex-député fédéral Laurent Louis, jugé pour négationnisme par la cour d'appel de Bruxelles, a bénéficié ce matin de la suspension du prononcé de la condamnation.

La cour a cependant réformé le premier jugement qui condamnait le sulfureux politicien retraité à six mois de prison avec sursis et 18000 euros d'amende. Laurent Louis bénéficie maintenant de la suspension du prononcé pendant cinq ans, avec une condition extrêmement particulière. Il devra ainsi, une fois par an et pendant cinq ans, visiter un camp de la mort (Auschwitz, Treblinka, Birkenau...) et en faire le compte-rendu sur son blog personnel. S'il ne le fait pas, la suspension du prononcé sera annulée. Un dispositif tout à fait rarissime. Ce dispositif avait été proposé à la cour par Laurent Louis et son avocat, Me Sébastien Courtoy.

Par ailleurs, dans l'autre dossier qui concerne Laurent Louis, celui de la divulgation d'une liste de prétendus pédophiles sur son blog et l'exhibition des photos de l'autopsie de Julie et Mélissa, la cour s'est déclarée incompétente au motif qu'il s'agit là d'un délit de presse, qui ne peut être jugé, selon le droit belge, que par une cour d'assises. 

Il a été néanmoins largement tancé par la cour, qui l'a qualifié de "pseudo-chevalier blanc d'arrière boutique accompagné de sa horde de sous fifres", qui avait "transgressé tous les codes respectables" et montré par moments une attitude "ignoble et nécrophile, violant la mémoire des victimes".

Mais la cour à reconnu que "le feu des projecteurs qu'il recherchait tellement l'a brûlé. L'homme sans scrupules a fait place à quelqu'un qui fait preuve de compassion". Il était jugé pour avoir minimisé le génocide juif de la Seconde Guerre mondiale sur son site internet. A l'issue de l'audience, Me Sébastien Courtoy a salué "une décision de grande justice".