Belgique

Ses proches l’appelaient Mamynelle. Et tous ceux qui l’ont connue retiendront probablement d’elle sa combativité et son immense générosité. Après des années d’engagement en faveur des personnes handicapées, marquées par la création du centre "Nos Pilifs" et d’autres ASBL liées à ce centre, Nelly Filipson est décédée mercredi, à Knokke, entourée des siens. Elle avait 86 ans.

Née en 1926, Nelly Seiler-Filipson sera sensibilisée très tôt, dans son parcours personnel, à la question des jeunes victimes de handicap. En 1971, elle crée le centre "Nos Pilifs", l’anagrame de son nom, un centre de réadaptation pour enfants handicapés mentaux, avenue des Pagodes à Laeken. Il accueille toujours au même endroit quelque 50 enfants jusqu’à l’âge de 13 ans. De lui, d’autres structures sont nées, comme la "Maison Nos Pilifs" ou la Ferme "Nos Pilifs" de Neder-over-Hembeek, qui permet aux adolescents devenus adultes de travailler dans différents métiers proches de la nature. Son directeur, Benoît Ceysens, garde de Nelly Filipson le souvenir d’une femme pleine d’énergie et de courage, qui avait défendu bec et ongles, à l’époque, leur projet devant l’administration. "Rien ne pouvait l’arrêter, se souvient-il. Son décès a été pour nous comme un coup de poing à l’estomac. Certains, ici, la connaissaient depuis plus de 45 ans".

Toute sa vie, Nelly Filipson aura été mue par le même idéal : valoriser le potentiel de chacun et le regarder toujours comme une personne plutôt qu’à travers son handicap. Dans un communiqué, le bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans, a salué la vie et le combat d’une femme d’action et d’exception. "Je salue la mémoire de Mamynelle (...) qui a notamment marqué Bruxelles, et plus particulièrement Neder-over-Hembeek, à travers son combat pour l’intégration des personnes handicapées mais aussi sa générosité sans faille. Bruxelles perd une grande dame et je vois partir une amie sincère".