Belgique

L'ancien footballeur tunisien Nizar Trabelsi (36 ans) est surtout connu pour l'attentat - déjoué à temps - qu'il comptait commettre contre la garnison américaine de la base aérienne belge de Kleine Brogel. Il avait été arrêté en 2001, deux jours après que les tours du World Trade Center se soient écroulées, à New York. Et il fut condamné le 9 juin 2004 à 10 ans de prison ferme.

Isolement strict

Mais ce n'est pas pour cela qu'il comparaissait ces derniers temps devant le tribunal correctionnel de Liège, même s'il y a un rapport. C'est que, dès son incarcération à la prison de Lantin (Liège), après sa condamnation, il a été placé sous un régime strict d'isolement. Normal, vu la situation et les risques - notamment de "prosélytisme extrémiste". Seulement voilà, Trabelsi l'avait fort mal pris et, pris d'une colère grandissante, il avait soudain menacé de tuer le directeur principal de la prison, de faire sauter les voitures des autres membres de la direction avec rien moins que 50 kg d'explosif. Des gardiens étaient aussi visés et, au total, les menaces concernaient quand même une douzaine de personnes.

Au tribunal, l'intéressé avait reconnu s'être énervé, à cette occasion, mais il prétendait aussi que ses menaces ne devaient pas être prises au sérieux, vu l'impossibilité dans laquelle il était de les mettre à exécution. Au cours des audiences du tribunal de Liège, il avait, avec sa défense, longtemps insisté sur cet aspect des choses mais il avait également exposé que, depuis son arrestation le 13 septembre 2001, il avait subi ce qu'il qualifie de "pressions", se plaignant surtout d'être tout à fait coupé de sa femme et de son enfant. Et, s'il croyait que ses conditions de détention seraient assouplies après sa condamnation, il estime que cela n'a pas du tout été le cas.

Contexte et personnalité

Cela n'a pas empêché le tribunal, qui a rendu son jugement lundi, de condamner Nizar Trabelsi à une peine de 6 mois de prison ferme et à une amende de 550 euros. La cour n'a cependant retenu, pour aboutir à cette peine, que les menaces contre le seul directeur principal de l'établissement pénitentiaire.

En effet, le juge Lhoest estime qu'il faut tenir compte de la personnalité du candidat terroriste ainsi que du contexte qui avait conduit à sa première condamnation. Rien d'anodin. Et même de quoi faire croire à la réalité d'un danger pour ce directeur.