Belgique

Depuis deux ans, la formation à la conduite est régionalisée. L’occasion pour nos amis du nord du pays d dépoussiérer cet examen un peu vieillot et tant décrié par n l’Europe. La Région de Bruxelles-Capitale est un peu moins avancée mais les travaux ont été lancés et ne devraient plus tarder à aboutir. "En Flandre, la réforme sera d’application à partir de 2017. Le débat est en cours à Bruxelles et il n’y a toujours sur rien sur les bancs du Parlement de Wallonie" , s’étonne Valérie De Bue, députée MR, dans les colonnes de la Dernière Heure.

Cette sortie intervient suite aux récentes déclarations du ministre en charge de la Sécurité routière, Maxime Prévot (cdH) : "Il a semblé plus important de donner instruction à mes équipes de travailler sur les compétences qui concernaient notamment le volet social et santé."

Les deux autres Régions ont opté pour un renforcement des connaissances et un permis plus difficile. Le ministre wallon a pour sa part évoqué en commission une réforme ciblée sur les jeunes. Les jeunes conducteurs ont un risque d’accident presque deux à trois fois plus élevé que la moyenne générale des conducteurs. "Par rapport à 2014, la Wallonie a enregistré 37 tués supplémentaires (de 254 à 291, +14,6 %). Une augmentation spectaculaire qui n’est pas à négliger", insiste la députée libérale. "Entendre le ministre déclarer que cette régionalisation "n’était pas le dossier le plus aigu et le plus urgent de la 6e réforme de l’État" , me choque vraiment."

Cette attitude risque de desservir la formation vu que les citoyens belges peuvent encore choisir leur lieu d’examen de permis (pratique comme théorique). Le fait d’avoir une inégalité de rigueur est synonyme de nivellement par le bas, soit l’antipode de l’objectif de ces réformes régionalisées.

Cela dit, la Wallonie n’en est pas au point mort non plus. "La note d’orientation sera prête pour décembre 2016, prévient-on au cabinet Prévot. Les décrets et autres propositions se feront pendant l’année 2017 et la réforme devrait être actée pour début 2018."

Les grandes lignes semblent cependant déjà esquissées pour le ministre cdH. Parmi les pistes figure la réinstauration du principe de la faute grave qui entraîne l’échec automatique à l’examen théorique. En outre, la matière intégrera "davantage d’autres compétences telles que la perception des risques, les facteurs d’accroissement des risques ou encore l’auto-évaluation."

Point novateur, le ministre Maxime Prévot veut intégrer l’usage des nouvelles technologies comme le GPS, l’assistance pour se garer, les caméras de recul, les systèmes de détection d’obstacles dans les prérequis au permis de conduire.