Belgique

Une nouvelle occupation de sans-papiers débute ce mardi à l'église du Béguinage, au centre de Bruxelles, avec l'accord des deux curés, a-t-on appris au cours d'un point presse organisé dans l'église.

L'action est soutenue notamment par les syndicats FGTB et CSC qui sont à l'initiative de cette nouvelle occupation. Une septantaine de sans-papiers, dont une vingtaine de femmes, devraient dormir dès mardi soir dans l'église. Des matelas ainsi que des chauffages seront apportés au cours de la journée.

Les occupants ont été choisis en fonction notamment de leur nationalité. Ils symboliseront la cause des sans-papiers et réclameront une régularisation au nom de tous les sans-papiers de Belgique, ont-ils fait savoir lors du point presse.

La sélection du groupe des occupants ne fasiait toutefois pas l'unanimité au sein des sans-papiers présents mardi dans l'église lors du point presse.

"Il n'y a pas que 80 sans-papiers en Belgique. On veut nous aussi nos papiers", a déclaré l'un d'eux.

Le curé Jean-Mathieu Lochten a indiqué qu'il recevait régulièrement depuis six mois des demandes de sans-papiers pour occuper à nouveau son église.

"Nous sommes restés solidaires mais nous ne voulions pas que les occupations se multiplient dans l'église et nous espérions voir le mouvement s'étendre vers d'autres lieux d'occupation ", a-t-il expliqué.

A la suite de la tentative d'occupation dernièrement des locaux du CIRE (Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Étrangers) puis de la CSC à Bruxelles, les curés de l'église Saint-Jean-Baptiste-au-Béguinage ont fini par accepter, à la demande des syndicats, d'ouvrir leur porte afin de "permettre aux sans-papiers de faire campagne face à un gouvernement hésitant".

Les syndicats socialiste et chrétien ont déclaré qu'ils étaient sur la même longueur d'onde dans le dossier de la régularisation des sans-papiers.

Philippe Van Muylder, secrétaire général de la FGTB Bruxelles s'est réjoui du fait que le dossier de la régularisation est d'une part repris par le premier ministre et d'autre part qu'il ne sera plus forcément directement lié aux autres dossiers touchant à la politique de la migration. "Mais nous ne devons pas baisser les bras", a-t-il dit.

"Les deux syndicats (...) sont fatigués d'attendre des mesures de régularisation. Cela a assez duré. Cela fait plus de dix mois que le gouvernement promet de prendre de réelles mesures de régularisation pour les sans-papiers.

La déclaration gouvernementale de mars 2008 a suscité un réel espoir parmi les sans-papiers", a déclaré Guy Tordeur, secrétaire CSC de la régionale Bruxelles-Hal-Vilvorde. M. Tordeur a demandé au premier ministre CD&V, dans une lettre adressée à ce dernier, une solution à brève échéance pour les sans-papiers "dont la plupart survivent dans nos villes en travaillant".

"Avec la crise financière, économique et sociale que nous subissons, nous pouvons craindre qu'en l'absence de mesures de régularisation (...), ne se développe encore davantage le recours à des réseaux de travail clandestin" met en garde, dans sa lettre, le secrétaire fédéral de la CSC à Bruxelles-Hal-Vilvorde.