Belgique

La Conférence des bourgmestres bruxellois a approuvé mercredi à l'unanimité une motion contenant une série de demandes à propos de l'aéroport de Bruxelles. Elle réclame notamment la fixation d'une période de nuit de 22h00 à 07h00 au cours de laquelle les décollages et atterrissages seraient interdits, sauf exceptions légales. Les 19 bourgmestres de la Région-capitale demandent également de considérer que l'aéroport de Bruxelles a une "vocation d'aéroport urbain dont les activités sont régulièrement diurnes" et de confirmer le principe du non-survol des zones densément peuplées, tout le territoire bruxellois étant considéré comme une zone densément peuplée, zone du canal comprise.

Onze demandes sont adressées au gouvernement fédéral. Outre la période de nuit et les zones densément peuplées, la motion vise aussi le développement d'une stratégie aéroportuaire nationale en vue d'une meilleure répartition, vers les aéroports régionaux, des activités de fret et de charter "low cost". La motion n'énumère pas les aéroports régionaux mais on notera que Bierset (Liège) s'est spécialisé dans le fret tandis que Charleroi accueille déjà plusieurs compagnies à bas coût, à commencer par Ryanair. Les bourgmestres réclament également le respect des normes de vent applicables sur les pistes de l'aéroport de Zaventem et une "transparence totale" à cet égard ainsi que le recul de la piste 25L vers l'est de manière à permettre les décollages sans survoler la Région bruxelloise. Sont aussi demandés l'instauration de l'organisme de contrôle indépendant qui n'a toujours pas vu le jour, le respect de l'arrêté "bruit" bruxellois et la sanction de tout non-respect des routes aériennes.

Un règlement européen doit entrer en vigueur le 13 juin 2016. Le texte réduira sérieusement la marge de manoeuvre des Etats membres dans ce domaine. Les maïeurs bruxellois demandent que les procédures et routes aériennes soient adaptés avant les échéances européennes. Ils souhaitent à cet effet que l'ensemble des gouvernements régionaux de collaborent "activement et loyalement" à la mise en oeuvre des principes de la motion lorsque leur concours est requis.

"C'est un événement politique majeur. Nous sommes arrivés à passer au-dessus des clivages politiques et locaux pour rédiger un texte qui rencontre l'essentiel des revendications des associations d'habitants concernés", a expliqué le président de la Conférence et bourgmestre d'Etterbeek, Vincent De Wolf (MR).

La motion, qui recueille le soutien des mandataires MR, PS, cdH, FDF et Ecolo, s'adresse en premier lieu à la ministre fédérale de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR), qui se trouve au centre du problème: elle doit concilier le développement économique de l'aéroport et le respect des riverains et trouver un point d'entente entre les trois Régions.

"C'est la première fois que la Conférence des bourgmestres prend une position aussi claire et ferme face à un problème lancinant depuis des dizaines d'années. Je n'imagine pas que le gouvernement fédéral n'en tiendra pas compte", a souligné le bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre, Benoît Cerexhe (cdH) tandis que son voisin de Woluwe-Saint-Lambert, Olivier Maingain (FDF), se félicitait de la façon dont la Conférence portait des revendications dans l'intérêt "de tous les Bruxellois".


Fremault juge la motion conforme à la position qu'elle défend

La motion approuvée mercredi soir par les bourgmestres bruxellois à propos de l'aéroport national est conforme à la position défendue depuis plusieurs mois par la ministre bruxelloise de l'Environnement, Céline Fremault, a-t-elle indiqué dans un bref communiqué. La ministre cdH s'est réjouie du ralliement des tous les bourgmestres de la Région bruxelloise à cette position, "y compris du MR". Quant aux demandes adressées à la Région par les bourgmestres, elle font actuellement l'objet d'études pour leur mise en œuvre, ajoute la ministre.

La motion des 19 bourgmestres demande de mettre un terme aux seuils de tolérance qui assouplissent la réglementation bruxelloise sur les normes de bruit aérien et d'étudier la possibilité de rapprocher ces normes des seuils recommandés par l'Organisation mondiale de la santé.

La ministre se rallie à la position des bourgmestres et la relaiera auprès de la ministre fédérale de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR), a-t-elle conclu.