Belgique

Brussels Airport a déploré mardi, en marge de la présentation de ses résultats annuels, de ne pas avoir encore pu négocier avec le monde politique une solution aux nuisances sonores causées par les avions décollant ou atterrissant à l'aéroport bruxellois. Et ce malgré un appel du pied déjà lancé en début d'année. 

"Il n'y a pas eu de discussion pour le moment. Or il y a une volonté des compagnies aériennes et de l'aéroport de trouver une solution pour les Bruxellois. Mettons nous autour de la table et discutons", a plaidé son CEO Arnaud Feist. Des pistes peuvent être mises rapidement sur la table par Brussels Airport, a laissé entendre le dirigeant de l'entreprise, confiant qu'il était prêt à faire des aménagements sur les vols de nuit.

"Ce n'est pas le nombre d'avions qui pose problème, mais bien le bruit qu'ils provoquent", a insisté Arnaud Feist. Celui-ci n'est ni bon pour l'aéroport ni pour les Bruxellois et les riverains, reconnait-il tout en glissant, en faisant allusion aux contours aériens publiés il y a quelques jours, que le nombre de personnes potentiellement très gênées par le bruit des avions est en recul depuis plusieurs années.

Depuis le 22 avril, en raison de l'application de normes de bruit plus strictes par la Région bruxelloise, des procès-verbaux sont dressés aux compagnies aériennes en infraction. Ils ne seront cependant perçus que dans un an et demi à deux ans. "Une situation qui crée plus d'incertitude qu'autre chose", estime le CEO.

Selon lui, il y aurait désormais cinq fois plus d'amendes infligées par rapport aux années précédentes et celles-ci toucheront un quart des vols entre 6h00 et 7h00. "Elles peuvent aller de 6.000 à 60.000 euros par infraction constatée et les compagnies ne savent pas comment se positionner" face à cette problématique, explique-t-il.

Deux compagnies cargo ont déjà décidé de quitter Brussels Airport et une troisième a déjà manifesté son inquiétude aux dirigeants de l'aéroport, a-t-il répété, estimant à environ 200 emplois la perte liée à ces départs. Il n'y a par contre pas de signes allant dans ce sens de la part des compagnies transportant des passagers.

Cette situation constitue toutefois un frein direct aux activités tant passagers que cargo, souligne encore le CEO, qui affirme que cela fait peser une "hypothèque lourde" sur ce dernier segment. Il demande dès lors d'urgence un cadre juridique stable. "Il faut arrêter de tourner autour du pot et prendre les choses en main à un moment donné."