Belgique

Le député-bourgmestre de Woluwe Saint-Pierre, Benoît Cerexhe (cdH), a contesté lundi soir la décision du comité ministériel restreint de ne pas faire appliquer les modifications apportées le 6 mai dernier au plan Wathelet pour soulager quelque peu les habitants de sa commune - mais aussi d'Etterbeek et d'Auderghem - des effets sonores du nouveau virage à gauche en vigueur depuis février dernier. Il menace d'intenter une action en référé pour obtenir l'application de ces modifications.

Le secrétaire d'État à la Mobilité, Melchior Wathelet (cdH), avait annoncé au début du mois de mai dernier des mesures à court terme visant à soulager de nombreux habitants de la capitale de l'intensité des nuisances sonores des avions qu'ils subissent depuis le mois de février dernier. Pour l'essentiel, elles visaient à réduire, environ de moitié, le jour, et de 100% la nuit, l'exploitation du virage à gauche prévu à 1.700 pieds effectué essentiellement au-dessus de la commune d'Etterbeek, au cœur de la capitale, notamment en ne l'utilisant plus la nuit, non pas entre 23h et 6h, mais dès 22h et jusqu'à 7h. 

Le gouvernement flamand avait aussitôt engagé une procédure en conflit d'intérêts contre ces mesures. Faute de consensus en son sein entre les ailes francophones et flamandes, le comité ministériel restreint n'a pu s'accorder lundi soir pour appliquer ces adaptations. "Cela fait trop longtemps que les habitants attendent une amélioration de la situation, ce que les mesures du 6 mai dernier auraient pu leur apporter, ne serait-ce qu'en partie", a réagi Benoît Cerexhe, commentant cette issue à l'agence Belga. Le député-bourgmestre de Woluwe Saint-Pierre a ajouté que sa commune avait mandaté un avocat pour analyser cette décision et préparer une mise en demeure afin d'obtenir l'exécution des mesures prises par Melchior Wathelet en mai dernier. "Si cela n'est pas suivi d'effet, nous intenterons une action en référé pour l'obtenir", a-t-il conclu.


Pas d'accord en "kern" sur les mesures Wathelet

Le comité ministériel restreint ("kern") du gouvernement fédéral n'est pas parvenu à s'accorder lundi sur les mesures du secrétaire d'État à la Mobilité Melchior Wathelet faisant l'objet d'un conflit d'intérêts du gouvernement flamand, à propos des nuisances sonores générées par les avions de l'aéroport de Bruxelles. Les adaptations proposées début mai par M. Wathelet n'entrent donc pas en vigueur, a déploré le cabinet de ce dernier, pointant du doigt l'ambiguïté des partis flamands (CD&V, sp.a, Open Vld).

"Ce sont ces mêmes partis flamands qui, à la table de négociation pour la formation du gouvernement bruxellois, ont donné l'impression de juger important un allongement de la nuit pour Bruxelles, et puis au fédéral viennent de bloquer la décision", commentait le cabinet du secrétaire d'État cdH.

Le 6 mai dernier, alors que la campagne électorale battait son plein, M. Wathelet avait annoncé des mesures à court terme visant à soulager de nombreux habitants de la capitale de l'intensité des nuisances sonores des avions.

Il s'agissait de réduire l'exploitation du virage à gauche à 1.700 pieds effectué essentiellement au-dessus de la commune d'Etterbeek (Bruxelles). Cette route n'aurait plus été utilisée la nuit entre 22 heures et 7 heures, soit un allongement de la période de tranquillité par rapport à la fourchette 23h-6h. Elle aurait également été moins utilisée le jour via un recours plus intensif à la route dite "Ikea", qui passe au-dessus de Nossegem (Flandre). De plus, certaines compagnies aériennes auraient privilégié l'utilisation de la route du Ring plutôt que l'axe de l'autoroute E411 vers Namur.

Deux jours après ces annonces, le gouvernement flamand a lancé une procédure en conflit d'intérêts, mettant au frigo pour 60 jours le dossier. L'absence de consensus constatée ce lundi au gouvernement fédéral rend les mesures Wathelet inapplicables.