Nuit d'enfer pour Milquet

V.d.W. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Décidément, la négociation pour la formation du gouvernement fédéral semble échapper à toutes les traditions. Exemple : la soirée folle de mercredi.

Officiellement suspendues par le Roi depuis vendredi dernier, les négociations discrètes menées par le formateur n'ont jamais été aussi intenses. Et elles ont débouché, mercredi soir, après un faux ultimatum lancé par le président du MR, Didier Reynders, sur la convocation d'une réunion au Parlement entre le formateur et les quatre présidents de parti de l'orange bleue : Jo Vandeurzen (CD & V), Bart Somers (VLD), Didier Reynders (MR) et Joëlle Milquet (CDH).

Alors que, depuis plusieurs jours, des signaux relativement positifs émanaient du cercle des négociateurs et de l'entourage du formateur, qui semblait progresser grâce à des entretiens bilatéraux jugés constructifs, la délicate séance de mercredi a surtout été consacrée à un seul thème : les réformes à la majorité des deux tiers. Un sujet qui divise les négociateurs et les place en deux camps : d'un côté Joëlle Milquet, opposée au principe même de discussions sur toutes les réformes à majorité qualifiée, au motif que le gouvernement ne dispose que d'une majorité simple et les trois autres présidents de partis, les deux Flamands et Didier Reynders. Ce dernier n'est évidemment pas sur la même longueur d'onde quant au fond des réformes voulues par les Flamands (voir page suivante l'interview du président du FDF, Olivier Maingain), mais il accepte, en tous les cas, de discuter du contenu des textes déposés par les partis flamands pour autant que les négociateurs s'engagent à discuter, dans le même temps, des propositions francophones nécessitant la majorité des deux tiers.

Joëlle Milquet estime au contraire impossible de négocier des accords aux deux tiers avant la formation du gouvernement et d'aller ensuite les renégocier avec des partenaires potentiels (SP.A au Nord, Ecolo au Sud).

La soirée s'est déroulée dans un climat de très grande tension : les trois présidents de partis ont tenté de rallier Joëlle Milquet à leur cause. Des concertations bilatérales (Leterme-Milquet) et trilatérales (Leterme-Reynders-Milquet) ont été organisées pendant une partie de la nuit. Joëlle Milquet a finalement proposé à ses collègues un texte "à prendre ou à laisser". Mais les autres présidents se montraient sceptiques.

L'orange bleu vacille. Peut-il se construire sur de telles bases ?

Publicité clickBoxBanner