Belgique

Ce mercredi, vers 19h30, Barack Obama a quitté la Belgique en direction de l'Italie. Le président des Etats-Unis est arrivé en Italie à 21h18, troisième étape de la tournée qu'il effectue en Europe et en Arabie saoudite, et qui le verra rencontrer pour la première fois le pape François ce jeudi.

"Je viens à Rome pour écouter le pape: sa pensée est précieuse pour comprendre comment remporter le défi contre la pauvreté", a déclaré le président américain Barack Obama dans une interview au journal Corriere della Sera dont des extraits ont été diffusés mercredi soir, peu après son arrivée en Italie.

Avant cela, vers 18h, il avait conclu sa journée à Bruxelles par un discours au Palais des Beaux-Arts. Le président américain s'est dit convaincu que les valeurs communes défendues par les Etats-Unis et l'Europe finiront par triompher, tout en adressant un nouvel avertissement à la Russie pour l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée.

"Dans cette crise ukrainienne, les Etats-Unis et l'Europe ont été unis. Nous imposons des sanctions et la Russie est isolée", a-t-il déclaré lors d'un discours en présence du gratin du monde politique belge et européen ainsi que de responsables de l'OTAN. "Avec le temps, le peuple russe se rendra compte" qu'il ne peut pas atteindre ses objectifs "par la force brutale", a encore souligné M. Obama.

L'Otan ne "vacillera pas"

Avant son discours au Palais des Beaux-Arts, Barack Obama a rencontré le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen. Ils ont souhaité que l'Alliance atlantique renforce sa présence dans l'est de l'Europe en raison de la crise en Ukraine. "Nous ne cherchons pas la confrontation mais nous ne faiblirons pas si on nous défie", a déclaré M. Rasmussen en rendant compte de sa rencontre avec M. Obama dominée par l'Ukraine.M. Obama a également assuré que l'Otan ne "vacillera pas". "Les pays de L'Otan ne sont jamais seuls", a-t-il assuré dans un discours prononcé après sa rencontre avec M. Rasmussen.

Le secrétaire général de l'Otan a salué la réponse apportée par les Etats-Unis "aux actes illégaux et inconsidérés de la Russie en Ukraine", en particulier avec le rattachement de la Crimée. "Je vous rejoins dans votre appel à des mesures supplémentaires pour renforcer notre défense collective", notamment dans le domaine des "exercices" et des "déploiements" de troupes, a-t-il ajouté dans un communiqué.

M. Obama a exclu une implication militaire américaine en Ukraine, un pays qui, n'étant pas membre de l'Otan, n'est pas concerné par les accords de défense collective de l'Alliance.

Vers 15 heures 15, Obama avait quitté le bâtiment du Juste Lipse à l'issue de la conférence de presse donnée avec les dirigeants européens pour rejoindre "The Hotel", sur le boulevard de Waterloo.

La crise ukrainienne : la priorité

A 14 heures 30, le président américain, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso ont pris part à une conférence de presse à l'issue du sommet UE/Etats-Unis. Barack Obama a déclaré que le monde était "plus sûr et plus juste quand l'Europe et les Etats-Unis sont solidaires".

"Les Etats-Unis et l'Europe sont unis" dans la crise ukrainienne et "la Russie est seule", a ajouté M. Obama au cours d'une conférence de presse.

Moscou "a fait un mauvais calcul" en pensant enfoncer "un coin" entre les Etats-Unis et l'Union européenne, a précisé le président Obama après une rencontre ayant duré un peu plus d'une heure avec les présidents du Conseil européen Herman Van Rompuy et de la Commission José Manuel Barroso. M. Obama a estimé que la crise ukrainienne démontrait "la nécessité pour l'Europe de diversifier ses sources d'énergie" alors qu'elle est très dépendante des importations de gaz russe.

Barack Obama a cependant déclaré être "préoccupé" par la baisse des dépenses de défense de certains pays de l'Otan, dans le contexte de la crise ukrainienne.

"La situation en Ukraine nous rappelle que la liberté a un prix", a déclaré M. Obama.

Rejet des critiques sur l'accord libre-échange

Le président américain a également rejeté les critiques contre le futur accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis et assuré qu'il ne permettrait pas que la protection de l'environnement et des consommateurs soit affaiblie.

"Nos opinions publiques, aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis, ont des questions légitimes", notamment pour savoir "si des victoires difficilement gagnées en matière de protection des consommateurs ou de l'environnement seront préservées et non affaiblies", a déclaré M. Obama. "J'ai bataillé pendant toute ma carrière politique, et en tant que président, pour renforcer la protection des consommateurs. Je n'ai pas l'intention de signer un accord qui l'affaiblirait", a-t-il assuré.

Le président américain était arrivé vers 13h dans le quartier européen de Bruxelles.

Obama à Waregem: "Ce que j'ai vu ici, je ne l'oublierai jamais"

Le président américain est arrivé vers 10h40 au cimetière Flanders Field, à Waregem (Flandre occidentale), peu après le roi Philippe et le Premier ministre Elio Di Rupo. Barack Obama, le Roi et le Premier ministre se sont entretenus dans un premier temps en privé.

Ils ont ensuite chacun déposé une couronne de fleurs dans le cimetière après avoir écouté les deux hymnes nationaux, avant de visiter les lieux. Le roi Philippe puis Elio Di Rupo ont prononcé chacun un discours pour rendre hommage aux Américains tombés sur le sol belge lors de la Grande Guerre. Barack Obama a ensuite pris la parole pendant plusieurs minutes, remerciant ceux qui se sont battus pour la liberté. "Ce que j'ai vu ici, je ne l'oublierai jamais" , a ainsi déclaré le président US . Barack Obama a également rappelé les liens forts qui unissent son pays à la Belgique, qu'il a décrit comme "l'un des plus proches partenaires des Etats-Unis".

M. Obama a souligné que la Belgique et les Etats-Unis avaient toujours été des alliés depuis la Première Guerre mondiale, notamment lors de la Deuxième Guerre mondiale, la Guerre froide ou encore en Afghanistan. "Nous sommes aujourd'hui partenaires des efforts internationaux pour détruire les armes chimiques syriennes. De telles armes n'ont pas leur place dans un monde civilisé" , a-t-il conclu.

La visite s'est achevée par un second tour du cimetière.

Inauguré officiellement en 1937, le Flanders Field est le seul cimetière américain de la Première Guerre mondiale en Belgique. Il est situé sur un champ où la 91e division a combattu lors de la bataille d'Ypres, du 30 octobre à l'armistice du 11 novembre 1918. Au total, 368 soldats, répartis en quatre rectangles identiques, y sont enterrés.

Plus de 81.000 soldats américains sont morts en Europe durant la Première Guerre mondiale, dont 1.043 sur le sol belge.

Accueilli sur l'asphalte de Wevelgem par Vincent Van Quickenborne

Les hélicoptères présidentiels américains ont quitté Melsbroek en direction de Wevelgem, mercredi matin. Un premier groupe composé de deux hélicoptères VH-3, dont "Marine One" dans lequel voyage le président Obama, et d'un Blackhawk a décollé vers 9h45. Il était suivi d'un second groupe constitué de cinq Blachhawks.

Le bourgmestre de Courtrai et ancien ministre des Pensions Vincent Van Quickenborne était présent pour accueillir le président américain sur l'asphalte de Wevelgem.


Un départ de Bruxelles sous les yeux des curieux

Le président américain a quitté mercredi sur le coup de 9h15 l'hôtel bruxellois où il a passé la nuit. Son imposant convoi, composé notamment de deux limousines surnommées "the Beast", a pris la direction de l'aéroport militaire de Melsbroek, où il a embarqué à bord d'un hélicoptère afin de se rendre au cimetière américain de Waregem.

Plus d'une centaine de curieux s'étaient amassés en face de l'hôtel et sur la place Louise afin de tenter d'apercevoir le chef d'État.