Belgique Achacun son rôle : la place des différents protagonistes impliqués dans les activités de la cellule terroriste démantelée jeudi à Verviers se précise peu à peu. L’enquête a débuté le 4 décembre. Quatre personnes sont incarcérées. De nouvelles arrestations ne sont pas exclues. Trois personnes arrêtées à l’étranger seront livrées à la Belgique. Deux personnes sont toujours recherchées.

La cellule était articulée sur deux pôles : Molenbeek, d’où sont originaires la quasi-totalité des protagonistes, et Verviers, où la cellule disposait d’une base de repli pour les opérationnels.

Deux opérationnels

Les deux hommes qui y ont été tués les armes à la main sont désormais identifiés avec certitude par les autorités judiciaires. Il s’agit de deux Molenbeekois, Sofiane A., âgé de 26 ans, et Khalid B., 23 ans. Le parquet fédéral n’a pas communiqué les noms de famille de ces deux Belges qui avaient combattu en Syrie.

Un troisième homme s’est rendu lors de l’assaut. Marouan El Bali, Belge de 25 ans, serait un logisticien du groupe. Il a été agent de sécurité agréé par le ministre de l’Intérieur. Le mandat d’arrêt de cet homme, désigné comme "le gros", a été confirmé mercredi par la chambre du conseil. Il conteste avoir joué le rôle qu’on lui attribue. "Il était au mauvais endroit au mauvais moment", dit un de ses avocats, Me Abdelhadi Amrani. "On lui attribue un numéro de téléphone qui n’était pas le sien", dit son autre conseil Me Didier de Quévy. Ses proches disent qu’il n’a jamais été un radical.

Les mandats d’arrêt des deux autres hommes inculpés et placés sous mandat d’arrêt jeudi ont été aussi confirmés. Mohamed Arshad, 26 ans, a fait valoir son droit au silence devant les enquêteurs et la juge d’instruction. Il conteste toutefois avoir joué un rôle dans une organisation à caractère terroriste, dit son avocat, Me Thomas Descamps. Ce Belge, qui a travaillé dans le gardiennage et a été pendant quatre ans chauffeur à la Stib, avait perdu son travail après une séparation difficile. Selon Me Descamps, il n’a, hormis un fait de roulage, pas de passé judiciaire.

Le second, Billel H., 26 ans, conteste aussi toute implication dans cette cellule. "Il dit avoir été entraîné malgré lui dans cette histoire", relate son avocat, Me Tanguy Schneider, tout au plus reconnaît-il qu’il connaissait des personnes impliquées dans le dossier. Il conteste avoir joué un rôle dans la logistique.

Abdelmounaim Haddad, 21 ans, qui s’est livré mardi aux autorités judiciaires, a été placé sous mandat d’arrêt. Il connaissait aussi des protagonistes. Il serait parti, en avril 2014, avec les deux opérationnels tués, vers la Turquie pour gagner la Syrie. Mais, à l’inverse de ses deux compagnons, il n’aurait pu aller plus loin et avait été refoulé. Cet homme, qui a été vendeur, conteste avoir gardé des contacts avec eux. Sur son lieu de travail, dans une boutique de sport, d’aucuns parlent d’un collègue qui refusait de s’adresser aux femmes.

Il y a les trois hommes qui doivent être livrés à la Belgique. Deux hommes avaient pris la fuite vers l’Italie jeudi. Ils ont été capturés en France. Omar, un Algérien de 32 ans, devrait être livré dans les prochains jours à la Belgique par la Grèce. Il avait téléphoné à un jihadiste incarcéré en Belgique qui, à son tour avait pris contact avec les deux opérationnels.

C’est en Grèce aussi que l’on recherche Abdelhamid Abaaoud, considéré comme le stratège. Un Néerlandais de 18 ans, Zaiud Koullis, dont on avait retrouvé le passeport à Verviers, n’a pas plus été retrouvé.