Belgique

On n’attendait pas vraiment de surprise des congrès de participation des différents partis membres de la nouvelle coalition fédérale. Il n’y en a pas eu. Après le CDH, le MR et le SP.A, samedi, le PS, le CD&V et l’Open VLD ont approuvé, dimanche, à la quasi-unanimité, l’accord de gouvernement concocté par Elio Di Rupo et consorts.

PS. Les quelque mille membres du Parti socialiste, réunis dimanche à huis clos au congrès de participation, ont très largement voté en faveur de l’accord. Willy Burgeon, ex-président du Parlement wallon, retraité de la politique, a voté contre. Deux autres militants se sont abstenus. Le congrès a également approuvé la modification statutaire ouvrant la voie à une présidence faisant fonction du PS, le cas échéant une présidence collégiale, l’actuel président Elio Di Rupo étant appelé à devenir Premier ministre. "Il nous faudra, comme hier, être vigilants et imaginatifs, résolus à défendre un modèle de société qui protège les plus fragiles", a indiqué Laurette Onkelinx à l’issue de la réunion.

CD&V. Les chrétiens-démocrates flamands, réunis à Louvain, ont approuvé, dimanche midi, leur participation au prochain gouvernement à la quasi-unanimité : 659 oui, deux non, et cinq abstentions. Le président Wouter Beke, qui a reçu plusieurs ovations debout, s’en est pris à la N-VA sans la désigner nommément. "Nihil valt absentia" (l’absence n’apporte rien), a-t-il lancé à l’adresse manifeste de Bart De Wever, féru de citations latines.

Open VLD. Même scénario chez les 600 libéraux flamands rassemblés dimanche en congrès : seuls deux ont voté contre et deux autres se sont abstenus.

CDH. Les humanistes réunis samedi à Louvain-la-Neuve avaient réservé un auditoire trop petit pour des militants qui assaillirent les Milquet, Delpérée, Wathelet et Fonck de très nombreuses questions sur l’accord gouvernemental. Mais avant même leurs explications des aspects institutionnels, économiques et sociaux du texte, le président Benoît Lutgen avait galvanisé ses troupes en soulignant que "notre pays avait besoin d’un gouvernement, d’un vrai gouvernement, d’un gouvernement du centre". Et de faire remarquer que "dans les négociations, le CDH s’est avancé avec pragmatisme en allant chercher les solutions tout simplement là où elles se trouvent".

Le débat programmatique fit émerger que tous les militants ne sont pas encore convaincus de la bonne volonté des partis flamands, mais Joëlle Milquet évacua l’argument en précisant qu’ils engageaient aussi leur propre avenir dans ce compromis. Nul doute ne plana cependant sur le résultat final : 520 voix pour et cinq abstentions. Le président Lutgen a ponctué : "Il nous reste 10 ans pour réussir le redéploiement économique de la Wallonie et de Bruxelles" et "pour redynamiser notre modèle social."

MR. Les militants du Mouvement réformateur ont approuvé, samedi, à la quasi-unanimité des quelque 700 membres présents, l’accord de gouvernement scellé jeudi soir. Qualifiant ce projet d’accord d’"exceptionnel", mais certes "imparfait" en ce qu’il résulte de la conclusion d’un compromis, le président Charles Michel a assuré ses ouailles de la vigilance des Réformateurs lorsqu’il s’agira de mettre les textes en œuvre.

SP.A. Les 400 socialistes flamands ont voté en faveur de l’accord à l’exception de deux membres qui ont voté contre, un autre s’abstenant. "Cela signifie que nous sommes disposés à prendre nos responsabilités en ces temps difficiles", a indiqué le président du SP.A Bruno Tobback.

C. Le. et An.H.