Belgique

En matière de terrorisme, il est fréquent de revoir, au fil du temps, les mêmes noms. Et il n’est pas rare que les protagonistes entretiennent des liens familiaux.

Oussama Atar, l’homme qui était ciblé dans les perquisitions menées dans la nuit de jeudi à vendredi, rentre dans ce cadre. A 32 ans, ce Belgo-Marocain, dont la famille était établie à Laeken, est un vieux routier du terrorisme.

Ce sont trois de ses proches - un jeune frère, une sœur plus âgée et sa mère - qui ont été emmenés pour interrogatoire avant d’être relaxés vendredi.

Un autre frère, Yassine Atar, est détenu dans l’enquête sur les attentats de Bruxelles. Lors de son interpellation, des traces d’explosifs avaient été décelées sur ses habits.

La mère d’Oussama Atar, Malika Benhattal est la sœur de la mère de Khalid et Ibrahim El Bakraoui, deux des trois kamikazes qui se sont fait exploser le 22 mars à l’aéroport et à la station de métro Maelbeek.

Immédiatement après ces attentats, Oussama Atar avait été considéré comme un complice potentiel. Son domicile anderlechtois fut un des premiers à avoir été perquisitionné le 22 mars. Mais il s’était déjà envolé.

Un autre cousin, Jawad Benhattal et un oncle, Moustapha Benhattal, ont été arrêtés le 17 juin. On les soupçonne d’avoir projeté un attentat dans la fan zone de la place Rogier lors de la rencontre Belgique-Irlande du juin.

Quelques jours plus tard, un "message de vigilance" avait été diffusé, comme le relatait "Le Parisien", au sein de la police française. Il faisait état du départ de Syrie d’Oussama Atar, qui aurait voulu gagner la France via l’Albanie.

Oussama Atar connaît la Syrie de longue date. Selon sa famille, il s’y est rendu une première fois en 2002. Il en est revenu enchanté, si bien, qu’en 2004, il y est retourné, pour étudier l’arabe selon ses dires.

Arrêté à Ramadi, qui était un bastion d’Al-Qaïda

La Syrie était alors un carrefour : la plupart des djihadistes étrangers en route pour l’Irak transitaient par Damas où les autorités locales fermaient les yeux. L’Irak, occupé par les forces américaines et britanniques, aimantait les djihadistes du monde entier.

C’est en Irak, et plus précisément à Ramadi, qui était le haut lieu des activités de la résistance d’Al-Qaïda, qu’Oussama Atar a été arrêté le 21 février 2005.

Plusieurs versions ont circulé. Soit il aurait emmené des médicaments sur place et aurait été interpellé car il n’avait pas des papiers en ordre. Soit il aurait convoyé des armes. Une autre version veut que, blessé par une grenade, il ait été déposé par ses compagnons près d’un hôpital géré par les Américains.

Oussama Atar a été arrêté. Il a été incarcéré à Abou Ghraib où des policiers belges l’ont interrogé, à Camp Bucca - au même moment que ceux qui deviendront les têtes pensantes de l’Etat islamique - et à Camp Cropper.

Remis aux autorités irakiennes, il a été condamné à perpétuité, une peine revue à 10 ans de prison. En 2010, sa famille qui tentait discrètement de le faire libérer, a obtenu l’appui des Affaires étrangères et d’organisations de défense des droits de l’homme, préoccupés par son état de santé. Une manifestation pour sa libération a rassemblé 300 personnes.

Oussama Atar a été libéré en 2012 aux trois-quarts de sa peine. En 2013, il a été intercepté en Tunisie, soupçonné de trafic d’armes. Il est considéré comme un des mentors des frères El Bakraoui. Mais on ne sait où il se trouve.