Belgique

Marc Gilbert et une petite délégation ont rencontré Joëlle Milquet en présence d'un membre du cabinet Di Rupo. La réunion ne semble pas avoir été concluante malgré la promesse de Milquet de terminer la réforme avant les prochaines élections. Le financement reste toujours très incertain.

Les pompiers trouvent inacceptable les propositions faites par le gouvernement et poursuivront leurs actions au finish. "Nous envisageons de rester à Bruxelles ce soir. On nous mène en bateau depuis des années, et maintenant ça devient inacceptable", s'indigne Marc Gilbert.

Ça bouchonne pas mal Rue de la Loi


Les pompiers devraient désormais respecter l'arrêté royal de 2012 "et ne partir que quand nous serons dix pour une intervention. Si pas, tant pis", poursuit le président de la fédération des pompiers. "Nous en sommes au même stade qu'en 2004, après la catastrophe de Ghislenghien, sauf que maintenant nous avons encore plus de missions".

Les pompiers envisagent désormais une grève du zèle. Outre le blocage de Bruxelles, ils projettent de bloquer les gares ou encore les aéroports.


Les policiers de la zone Bruxelles sur le qui-vive

Les policiers, qui font face aux pompiers aux abords de la rue de la Loi et du Parc royal, devraient rester sur place tant que les pompiers ne partent pas. 

"Ce n'est pas problématique puisque tous les effectifs sont présents dans les commissariats", explique le porte-parole, et ce malgré l'important déploiement des forces de l'ordre afin d'éviter que les pompiers ne viennent troubler les ministres réunis en comité restreint pour boucler le budget 2014.


"Ce n'est pas Milquet qu'on veut voir"

Les pompiers, "furieux", réclament depuis le début une rencontre avec le Premier ministre, Elio Di Rupo, ainsi qu'avec le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. "Ce n'est pas Joëlle Milquet que je veux voir, ce sont les vices-premiers. Je sais qu'elle est avec nous. Je veux rencontrer tout le monde et pas seulement la ministre de tutelle. Je constate que les pompiers sont fou furieux dans toutes les provinces" a déclaré Marc Gilbert.

Les pompiers rappellent qu'une entrevue avec le Premier ministre ne leur semble pas impossible car En 2008, ils avaient pu rencontrer Yves Leterme un dimanche.


Milquet: "Le service incendie est un secteur prioritaire"

La ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet, a commenté les chiffres qu'elle a présentés aux pompiers dans le cadre du conclave budgétaire. Si pour les pompiers les propositions de refinancement faites par le gouvernement sont inacceptables, pour Joëlle Milquet, il s'agit quand même d'une bonne nouvelle pour le service incendie, qu'elle considère comme prioritaire. "Pour l'année 2015, on avait déjà pu dégager un budget de 29 millions d'euros. Pour 2014, on a 3 millions d'euros, assortis d'un montant supplémentaire que l'on doit encore négocier au conclave", a précisé la ministre de l'Intérieur.

Ce montant devrait se situer entre 10 et 15 millions d'euros, mais le conclave ne les a pas encore négociés. "Dans un contexte économique difficile, le secteur des pompiers reste prioritaire et indispensable", a affirmé Joëlle Milquet.

Le budget supplémentaire alloué aux pompiers pour 2013 était de 9 millions d'euros. "Ce qui représente 40% de leur dotation", précise la ministre. Sur l'exercice 2011-2015, ce sont près de 80 millions d'euros supplémentaires qui devraient être alloués aux pompiers, qui demandent davantage de moyens humains et matériels.


Le Lambermont pris d'assaut

Une dizaine de camions de pompiers ceinturaient lundi vers 12H50 le Lambermont, où sont réunis les ministres en kern budgétaire, a constaté Belga sur place. Selon les pompiers, une trentaine de camions sont attendus. Les forces de l'ordre sont également présentes en nombre.

Les pompiers manifestent leur mécontentement face à l'absence de projet de financement pour les services d'incendie . "Nous n'avons pas besoin de plus de dix minutes pour expliquer nos craintes et nos problèmes. C'est tout ce que nous voulons", a expliqué le président de la Fédération royale des corps de sapeurs-pompiers de Belgique, Marc Gilbert, à l'Agence Belga.



Pas de collègues flamands

Il n'y a pas de pompiers flamands car "ils ont été prévenus trop tard mais ce n'est pas grave", a encore assuré le président de la Fédération royale des corps de sapeurs-pompiers de Belgique.

Dimanche, les hommes du feu avaient déjà rejoint Bruxelles, mais ils étaient arrivés trop tard pour rencontrer les ministres, qui avaient déjà mis fin à leur réunion en comité ministériel restreint.


Circulation perturbée

Une trentaine de camions de pompiers bloquent les rues Belliard, du Trône et de la Loi, a constaté l'Agence Belga sur place. Ils encerclent ainsi le Lambermont où se tient actuellement le kern. La circulation en est dès lors ralentie. Ils laissent passer les véhicules au compte-goutte.

Ils annoncent que leur intention est de "débloquer Bruxelles au plus vite" mais réclament avant cela un entretien avec Elio Di Rupo.


Pour Doulkeridis, le refinancement des services incendie est indispensable

"Un refinancement des services incendie est indispensable pour assurer la sécurité des citoyens", a déclaré lundi par communiqué le secrétaire d'État bruxellois en charge du Service d'incendie, Christos Doulkeridis. "La ministre de l'Intérieur rappelait en mai dernier l'obtention de 9 millions supplémentaires pour la dotation des zones de secours, portant ainsi le montant à 63 millions en 2013. Sur ce montant de 63 millions, il n'y avait pas un centime pour Bruxelles", fait-il remarquer. Christos Doulkeridis se dit solidaire avec les actions menées par les pompiers à Bruxelles et précise au gouvernement fédéral "que les pompiers bruxellois ne doivent pas être oubliés".

En outre, le secrétaire d'État bruxellois pointe trois problèmes de financement criants. Premièrement le refinancement des interventions "extra-muros", car selon lui, entre 6,5% et 9 % des interventions du SIAMU bruxellois sont effectuées en Région flamande.

Ensuite il demande une revalorisation du subside "de la centrale 112 de Bruxelles qui est trop bas au regard des missions qu'elle assume". Il voudrait passer de 35 à 52 opérateurs afin d'assurer la sécurité des près de 1,5 million de personnes se trouvant à Bruxelles en journée.

Enfin il demande à ce que le financement de l'extension du cadre opérationnel du SIAMU ne soit pas assumé par la Région bruxelloise seule. "Cette extension est en effet rendue nécessaire tant par les interventions en dehors de son territoire que par le rôle de capitale nationale et européenne de Bruxelles. L'absence d'un apport du fédéral n'est dès lors pas compréhensible", explique Christos Doulkeridis.

Il exhorte le gouvernement fédéral à "assurer un financement correct de tous les services incendie". Il en va, selon lui, "de l'égalité de traitement entre les services d'incendie et les contribuables des trois Régions."