Belgique

La grève des accompagnateurs de train, lancée ce lundi matin à 3H30 à Bruxelles-Midi, s'est étendue à plusieurs autres dépôts, a indiqué lundi matin Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire. La grève touche massivement la Wallonie, où le trafic est quasiment à l'arrêt.

Selon les premiers chiffres enregistrés par la SNCB, la gare de Charleroi-Sud est très fortement touchée lundi matin par la grève des accompagnateurs de train. Les premiers décomptes, relevés entre 06H00 et 07H45, indiquent que huit trains sur neuf n'ont pas pris le départ sur la ligne 124 Charleroi-Bruxelles. Seuls 20% des trains ont circulé sur la ligne 130 Charleroi-Namur. En revanche, les trains Thalys semblent circuler normalement.

A l'appel de la CGSP Cheminots, les quelque 80 accompagnateurs de trains de la gare de Tournai sont en arrêt de travail depuis ce lundi à 3 heures. "La situation est très difficile", commente M. Wattiaux, chef de zone et chef de gare à Tournai. "Un seul train, à 6h58, est parti de Tournai vers Bruxelles", poursuit-il. Depuis 7H00, plus aucun train n'a circulé sur cette ligne et il n'y aura plus aucune liaison vers Bruxelles avant midi.

Dans le sens Bruxelles-Tournai, un seul train est arrivé en gare de Tournai vers 7H00. "Nous avons quelques liaisons avec la France. La SNCF a envoyé quelques trains entre Lille et Tournai. Sur la Dorsale Wallonne, dans le sens Tournai-Mons, c'est très chaotique. A Mouscron, venant de Courtrai, très peu de trains arrivent en gare", commente encore M. Wattiaux.

Environ 50% des trains passant par Ottignies ont été supprimés, et des retards sont enregistrés sur pratiquement toutes les lignes. De 6H30 à 9H00, aucun train n'a circulé sur la ligne 140 entre Ottignies et Charleroi, ce qui constituait le point noir de cette action de grève pour la gare d'Ottignies. D'autres trains ont été supprimés mais le service minimum a été assuré pour que tous les voyageurs aient la possibilité d'arriver à destination.

Ainsi, sur la ligne Luxembourg-Bruxelles, deux trains par heure ont circulé en début de matinée en direction de Bruxelles, certains trains directs assurant des arrêts dans les gares où ne s'arrêtent normalement que les omnibus, ce qui a inévitablement entraîné des retards. Le même principe, avec un train par heure seulement, a été appliqué en direction de Namur. En ce qui concerne la ligne allant d'Ottignies à Louvain-la-Neuve, deux trains par heure seulement ont circulé. Et sur la ligne Wavre-Louvain, la cadence a été réduite à un train par heure.

"Globalement, pour la gare d'Ottignies, on peut considérer que plus de 50% des trains ont été supprimés. Mais comme pratiquement toutes les destinations sont tout de même desservies, cela ne se passe pas trop mal compte tenu de la situation", considèrent les responsables. Le rythme horaire des trains qui a été défini en début de matinée devrait être maintenu jusque midi, heure à laquelle le rétablissement de la circulation normale est attendu de manière progressive.

La Flandre n'est pas épargnée par le mouvement, qui a été suivi notamment à Ostende, Bruges et Hasselt. La grève a des répercussions sur le trafic ferroviaire dans la province d'Anvers. Sur la ligne Anvers-Mol, environ la moitié des trains circulent normalement. Entre Anvers et Bruxelles, 70 pc des trains ont été mis en service, indique lundi Paul Van Aelst, porte-parole de la SNCB.

Le mouvement de grogne se ferait par contre moins sentir sur les autres lignes au départ d'Anvers. Mais cette situation pourrait encore évoluer durant la journée si d'autres accompagnateurs de train décident de rejoindre le mouvement, précise M. Van Aelst.

Les accompagnateurs de train du dépôt de Bruxelles-Midi avaient décidé d'arrêter le travail lundi jusqu'à 12 heures, à la suite d'agressions dont quatre d'entre eux ont été victimes au cours du week-end.