Belgique C’est la fin d’une longue saga judiciaire qui aura duré huit ans au total. La dernière instance à se prononcer, la Cour de Cassation, a rendu son arrêt le 13 juin et a débouté trois des quatre filles de la baronne Any Stoclet (ou leurs héritiers) qui s’opposaient depuis 2005 à la décision de classement du mobilier du Palais Stoclet (meubles, argenterie, etc.). Elle avait été alors décidée par le secrétaire d’Etat bruxellois pour préserver le Palais Stoclet dans son intégralité, comme une " œuvre d’art totale" (Gesamtkunstwerk) , de Jozef Hoffmann et des artisans de la Wiener Werkstätte. Le gouvernement bruxellois avait eu l’appui, dès le début, de la 4 e fille, Aude Stoclet, et de son fils, Laurent Flagey.

Les trois plaignantes estimaient que la longue liste du mobilier classé (277 rubriques y compris les vases Ming et les couteaux à fromage) sortait des compétences de la Région, seulement autorisée à classer les immeubles. On dit aussi que ce classement du mobilier représente une moins-value pour les propriétaires qui, le cas échéant, ne pourront plus vendre "par appartement" (on a parlé d’un préjudice de 30 millions d’euros).

Mais c’était considéré par le gouvernement bruxellois et par une des quatre héritières comme le prix à payer pour sauver cette merveille du patrimoine mondial salué comme tel par l’Unesco.

Les tribunaux successifs ont donné raison à la Région et à Aude Stoclet et ont débouté les sœurs. Le dernier recours possible était celui devant la Cour de Cassation. Dans son arrêt, celle-ci innove et fera peut -être jurisprudence en estimant que la Région bruxelloise avait le droit de classer un patrimoine mobilier aussi "étroitement lié à l’immobilier".

Cet épilogue ne dit cependant rien de l’avenir du Palais Stoclet pour lequel il faut encore que les quatre branches héritières (enfants et petits-enfants) s’accordent. Pour l’instant, le Palais est sauf, mais inoccupé.