Belgique

Une vipère, trois boas, un caméléon, une mygale, un lézard et un iguane sont les derniers arrivés au refuge "Carapace" qui se situe dans le parc animalier Paradisio. Ce centre spécialisé en reptiles héberge de plus en plus de pensionnaires au point de bientôt arriver à saturation.

"L'an passé, nous avons accueilli 300 reptiles. Cette année, ils sont déjà autant à avoir trouvé refuge chez nous et nous ne sommes qu'au mois d'août" confie l'un des responsables de l'ASBL. Pour l'instant, il leur reste une marge de manoeuvre. "Nous avons encore des espaces disponibles pour les animaux et des étudiants nous aident à prendre soin d'eux mais c'est vrai que l'espace et le personnel sont deux contraintes qui commencent à se faire sentir."

Au sein de cette population reptilienne, les tortues représentent 50 pc. Les serpents occupent, avec 30 pc, la seconde place du classement.

Triste classement, ceci dit. "La plupart des pensionnaires sont abandonnés ici par leurs propriétaires". D'autres proviennent de saisies sur ordre sanitaire lorsque les animaux ne bénéficient pas des conditions sanitaires requises ou sur ordre judiciaire lorsque ceux-ci ont été importés illégalement.

La première étape pour ces nouveaux venus est la mise en quarantaine. "Cette période nous est très utile car 50 pc d'entre eux arrivent en mauvais état. Cela nous laisse aussi la possibilité de s'assurer que les autres 50 pc ne couvent rien car les pathologies de certains reptiles comme les tortues ne sont pas de suite décelables".

La mise à l'écart terminée, certains reptiles sont exposés au public lorsque d'autres continuent à évoluer à l'abri des regards. Enfin, rares sont ceux qui sont redirigés vers d'autres lieux comme le zoo d'Anvers ou Aquatopia. Mais cela arrive. "Il y a peu de temps, quatre crocodiles ont été transférés au zoo d'Anvers pour remplacer leurs congénères, qui devenus trop gros, partaient pour le zoo de Rotterdam."

"Permis d'autorisation"

L'ASBL carapace tente de dissuader le public d'adopter ce genre d'animaux exotiques. "Au centre du parc Paradisio, nous avons placé des panneaux thématiques pour expliquer les dommages que peut causer l'adoption d'un tel animal".

Protégés, la plupart de ces animaux sont illégalement importés chez nous au péril de leur vie. Il n'y a là rien de pire pour accélérer la dégradation de la biodiversité. Les membres de ce refuge souhaitent aussi insister sur le bien-être de l'animal. Le confort de celui-ci passe par l'aménagement de certaines installations.

Mais l'argument de taille reste la loi. "Acquérir un reptile nécessite un permis d'autorisation. Certes, en Flandre, un particulier peut acquérir jusqu'à trente spécimens d'une espèce considérée inoffensive sans détenir le moindre permis, mais Wallons et Bruxellois doivent être en possession d'un permis dès leur première adoption." Pour obtenir un permis, il faut compter 125 euros et trois mois de procédure. Sans oublier que les futurs acquéreurs devront avoir l'aval de leurs voisins, peut-être moins emballés qu'eux par ce projet d'adoption.

( st. )

© La Libre Belgique 2008