Belgique

“Le don d’organe […] est l’un des plus beaux gestes de solidarité qui soit, puisqu’il sauve des vies.” Au nom du CDH, Catherine Fonck (chef de groupe à la Chambre) et Benoît Lutgen (président et député) ont déposé une proposition de loi relative à “la protection contre le licenciement des travailleurs donneurs d’organe” .

Le texte sera pris en considération ce jeudi à la Chambre. Il poursuit un objectif global. “Celui de lever tous les freins aux dons d’organes de son vivant” , nous explique Mme Fonck. C’est ainsi que, précédemment, elle a déjà déposé deux textes dans ce domaine. L’un vise à empêcher toute forme de discrimination des assurances envers les donneurs (parce que ceux-ci seraient prétendument plus fragiles). L’autre entend leur offrir une prise en charge totale des frais médicaux.

Que prévoit le nouveau texte ? Aujourd’hui, un donneur n’est protégé contre le licenciement que pendant la période couverte par le certificat médical, c’est-à-dire pendant le congé maladie qu’entraîne l’opération chirurgicale. Dans un souci de correction envers son patron, le travailleur peut toutefois prévenir ce dernier de son absence future. Il existe là une période d’incertitude à laquelle la députée CDH veut mettre fin.

“Dans la plupart des cas, les employeurs sont heureusement très corrects. Mais des transplanteurs (le secteur médical, NdlR) nous ont informés de licenciements en raison de l’absence qu’allait engendrer le don” , assure Catherine Fonck.

D’où sa proposition : le travailleur qui prévient son employeur (ce n’est pas une obligation) de sa prochaine absence, sera couvert contre le licenciement dès le moment de cette annonce – elle doit être assortie d’un certificat médical – et jusqu’à un mois après le retour au travail.

À l’image de ce qui existe pour les femmes enceintes, un licenciement peut toujours avoir lieu. Mais l’employeur devra le justifier par une autre raison que le don.

En 2011, il y a eu 80 procédures de donneurs vivants en Belgique – 43 pour des reins, 37 pour une partie du foie. Entre 50 et 100 personnes meurent chaque année faute d’avoir été transplantées à temps…