Belgique

Depuis le 1er février 2007, le tribunal d'application des peines gère les libérations de détenus. Mais pas leurs congés pénitentiaires.

Cette compétence est restée dévolue au "Service des cas individuels" (SCI), qui dépend de la Direction générale "Exécution des peines et mesures" du ministère de la Justice.

Or, après qu'il fut déjà question en mars dernier d'une demande de congé pénitentiaire de Richard Taxquet, condamné le 7 janvier 2004 à 20 ans de réclusion en tant que commanditaire de l'assassinat du ministre d'Etat socialiste André Cools le 18 juillet 1991, le sujet revient à l'actualité ces temps-ci.

Cela ne fâchera sans doute ni la famille d'André Cools ni sa compagne de l'époque, gravement blessée lors du lâche attentat commis à Liège par deux tueurs tunisiens, mais toujours est-il que Taxquet n'est sans doute pas près de sortir de prison. "Nous avons essuyé six refus de congé pénitentiaire , nous indiquait mardi son avocat, M e Julien Pierre, et la dernière fois au moins "malgré les avis unanimement favorables de l'assistant social, de la direction et du personnel de la prison de Lantin ainsi que de la psychologue."

Pour Me Pierre, "c'est un cercle vicieux car, compte tenu aussi de la détention préventive, mon client entrera dans les critères d'une libération conditionnelle au mois de mars 2009. Pour pouvoir espérer l'obtenir, il faudrait répondre à la condition d'un suivi thérapeutique. Or, c'est pour cela, pour prendre contact avec un thérapeute, qu'on demande un congé pénitentiaire, mais en vain" .

Mortuaire ou enterrement

Il est donc question d'une nouvelle demande. Dont rien n'indique cependant qu'elle aboutisse davantage. Est-ce le lot particulier de Taxquet ? Certes, le SCI s'est montré dur avec lui, par exemple, lors de la mort, voici environ trois mois, de son fils Grégory, décédé à l'âge de 25 ans. Il y a eu des difficultés pour qu'il puisse se rendre à la mortuaire et à son enterrement. Cela n'a été résolu qu'avec l'aide "d'un excellent avocat général et d'excellents policiers" , précise Me Pierre.

"Mais il ne faut pas croire que c'est seulement pour lui , nous dit un autre pénaliste liégeois de renom, le SCI est très dur en général et il fait des difficultés, par exemple, lors des décès de proches de détenus : c'est soit la mortuaire, soit l'enterrement, mais pas les deux. Je me souviens avoir dû aller en référé pour obtenir qu'un client détenu puisse se rendre à la première et assister au second malgré tout."

Toujours est-il que si Me Pierre espère une libération l'an prochain, ce n'est pas gagné au train où vont les choses. D'autant que si ses complices Luigi Contrino et Carlo Todarello avaient été libérés dès 2005, ils n'avaient écopé, eux, que de 5 ans de prison.