Belgique

Apartir de la prochaine rentrée académique, tous les étudiants du 1er cycle de l’enseignement supérieur (bachelier) pourront télécharger gratuitement leurs syllabi sur Internet. Les boursiers, eux, pourront en demander une version imprimée, gratuitement aussi. Cette mesure figure dans un avant-projet du ministre Marcourt (PS), qui vient de passer le stade de la concertation avec les organisations étudiantes et les pouvoirs organisateurs. Le texte stipule que chaque institution (université, Haute Ecole, Ecole supérieure des arts) est tenue de mettre à disposition des étudiants, sur son Intranet, une liste de supports de cours déterminés, au plus tard un mois après le début de l’activité d’enseignement. Les syllabi pourront toutefois être modifiés jusqu’à six semaines avant la fin des cours.

Cette mesure de démocratisation existait déjà l’an dernier pour les étudiants de 1re année. Il était prévu qu’elle soit étendue à toutes les autres années (bachelier mais aussi master) dès l’année 2011-2012. Mais les Hautes Ecoles et universités ont fait pression sur le gouvernement de la Communauté française pour que la mesure soit davantage étalée dans le temps, avec une simple extension à la 2e année pour l’année à venir. Histoire de pouvoir l’évaluer. Histoire, aussi, de régler la question de son financement. Car le dispositif a évidemment un coût pour les services sociaux des institutions, coût qui n’était pas compensé par la Communauté jusqu’ici (au contraire des réductions de droits d’inscription). Selon les étudiants, certains profs auraient en outre des réticences à mettre leurs syllabi en ligne.

Le cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur a finalement coupé la poire en deux. La mesure concernera les trois bacs dès cette année, et sera étendue aux études de deuxième cycle au plus tôt à partir de l’année académique 2013-2014. En outre, un montant d’un million d’euros est dégagé pour la mise en œuvre (partielle) de la disposition.

Si les étudiants saluent évidemment l’arrivée de ce million (qui risque toutefois d’être insuffisant pour couvrir la totalité des frais), ils ne sont pas enchantés par le nouveau texte du cabinet Marcourt. La Fédération des étudiants francophones (Fef), qui s’est opposée à l’avant-projet, y voit "un recul pour tous les étudiants en masters, et surtout les quelque 5 000 boursiers". L’Union des étudiants de la Communauté française (Unecof) s’est pour sa part abstenue, pointant les effets pervers potentiels du dispositif : que l’organe de gestion de l’institution fixe une liste minimaliste de supports de cours, ou que les profs publient des livres (soumis aux droits d’auteur et donc exemptés de mise en ligne) plutôt que des syllabi. L’Unecof se demande également comment l’on pourra vérifier la bonne application du décret. Enfin, elle appelle à une réflexion globale sur ce que sont un support de cours et un support de cours obligatoire (slides, syllabus, ouvrage )