Belgique

Qui s’intéresse à la politique belge ne peut pas sérieusement affirmer qu’il ne connaît pas Pascal Delwit. Si vous ne l’avez pas vu à la télévision, vous avez lu son interview dans la presse ou entendu son analyse de la situation communautaire à la radio. Bref, M. Delwit est un homme médiatique. Mais c’est avant tout un intellectuel de haut vol, chercheur remarqué, notamment récompensé d’un prix Francqui. Né à Bruxelles en 1961, d’un père ouvrier typographe et d’une mère employée, Pascal Delwit passe sa jeunesse à Saint-Josse. Après une licence en science politique à l’ULB (grande distinction, bien entendu), il réalise une thèse de doctorat (la plus grande distinction) consacrée à l’évolution comparée des positions et attitudes des partis socialistes belge, français et du parti travailliste face à la construction européenne. Professeur de sciences politiques à l’ULB, il deviendra doyen de la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques en 2006, fonction qu’il occupera jusqu’à ce que son collègue politologue Jean-Michel De Waele lui succède, cette année.

S’il devait décrocher le rectorat de l’ULB, ses trois principales priorités (il en a bien d’autres) seraient les suivantes. 1° En matière de recherche scientifique, il souhaite repenser la manière de soumettre les projets de recherche fondamentale, de façon à mieux intégrer les aspects académiques, administratifs et budgétaires. "Il arrive qu’un académique ne soumette pas parce qu’il n’a pas les compétences administratives ou budgétaires", constate-t-il avec regret. 2° En matière d’enseignement, le Pr Delwit veut se concentrer sur l’objectif d’apprentissage et surtout sur la réussite en première année de bachelier, ce qui n’est pas facile, vu que l’accès à l’université est libre, sans vérification des aptitudes. Des outils existent (guidance, plan de compétences langagières...), "il faut qu’étudiants et enseignants s’en emparent", dit-il, "et que l’on améliore la transition entre secondaire et supérieur, afin que les étudiants comprennent ce que l’on attend d’eux." 3° Sur le plan institutionnel, il insiste sur la reconsolidation du réseau hospitalier de l’ULB, à Bruxelles et en Wallonie.

Enfin, pour sortir de la crise de gouvernance que traverse l’ULB, il préconise d’abord de bien réussir les deux élections, avec si possible un président du CA un peu extérieur à l’ULB, de manière à ne pas créer un sentiment de "vaincus" ou de "vainqueurs" et à bénéficier d’un regard neuf et de compétences nouvelles. Ensuite, de recentrer le CA sur ses missions de base : les grandes politiques et le budget.